N U L S

THIERRY RAT

 

Crever vivant

Voilà,

Je va crever

comment je va vivre avec ça,

c'est assuré,

vivre c'est crevant,

vivre c'est crever devant,

c'est devant moi ce ça,

ce ça de vivre là,

se vivre en soi,

se crever dans le temps du vivant ça en soi,

c'est trop vivant en moi,

c'est du trop de vivant de vivre en ça,

qui fait crever à petit pas,

c'est du trop de vivre en avant de crever là,

c'est ce qu'on remet toujours à demain,

mais on crève tout le temps d'un rien,

c'est pas demain,

c'est maintenant à l'instant du vivre,

à l'instant même où l'on a pas fini de vivre,

où vivant on vit l'instant de crever,

ou crever vivant c'est ça vivre en crevant,

on peut pas dire j'ai crevé,

parce que j'ai crevé c'est le mensonge en pire,

on ment tout le temps du vivre,

c'est pour ça qu'on est vivant.

 

 

 

reçu ce début juillet !

STEPHANE BATSAL

 

MA VIE DE NUL

 

Je suis nul. J’ai le cerveau blet. C’est rassurant : je serai bientôt pourri. Et le pourrissement ça grouille, il y a de l’action. Quand les autorités comptent sur « le pourrissement du conflit » pour le résoudre, je suis un court instant dans la joie. Je me dis que ça va s’étendre, que la grève va proliférer, qu’après l’unité des agents isolés vont se mettre en action, et que ça va mordre et gagner bien au-delà de l’unité. Mais l’instant de joie est court ; c’est que le pourrissement évoqué n’est qu’un étouffement, une mort lente, un résultat nul.

J’y reviens. C’est plus nul que moi – le nul est plus fort que moi. Nul c’est nu avec une aile en trop. Nul c’est con comme la lune à l’envers. J’essaie de me rassurer parfois. Je me dis : oh ! c’est pas grave de se trouver nul, c’est rien. Ça me fait replonger bien sûr. Même si nul c’est moins que rien. Rien c’est plus proche du désert et du pourrissement que nul ne l’est. Et il y a quelque chose à tirer du désert et du pourri. Tout vient de là même.

Pfff. Finalement, ma seule valeur, le seul moment où je prends un peu de caractère, c’est devant les gens : nulles gens. On me remarque, je deviens singulier. Sinon, mes compétences se réduisent à zéro, mon talent a le profil de la tête à Toto. Et encore ! La seule fois où comme Toto j’ai chié derrière l’église je n’ai même pas eu la joie de lorgner, ensuite, sur ma production. Non que j’en aie été empêché par un quelconque événement – l’arrivée du curé, d’un passant, ou la sensation soudaine de la truffe fraîche d’un chien sur mon anus brûlant – rien de ça. C’est juste que ma crotte avait disparu – et je dis ça parce que je suis sûr de l’avoir produite. C’est très frustrant. Comme un vol. Ma crotte était partie en fumée. J’ai fouillé les broussailles – peut-être qu’un trou m’avait échappé. Non ! Il n’y avait que le mien, ouvert et refermé sur rien. Et malgré cette absence, je me souviens, je m’étais dit : tu n’es qu’une merde.

J’en étais là. Je n’étais rien avec pas grand’chose comme patrimoine. Alors je me suis dit pourquoi ne pas en finir complètement. M’annuler. Mais qu’annuler face à un cas nullard ? J’étais mystifié, frappé de nullité sans même être entaché d’un vice.

Je n’existe pas sur ma vie plate. Dit autrement : je voyage sur de vains degrés de longitude. Navire sans quille qui traîne son boulet.

En jeux de mots je suis zéro. Tout môme, en camps de vacances, une veillée au feu de bois. On doit dire des trucs drôles. Arrive mon tour et de derrière les flammes léchant les rondins (ça c’est bon, ça, très bon) je dis que je passe un bon séjour dans ce camps de vacances, et dans mon langage fleuri j’ajoute que c’est un camps-pas-nul. Silence. Même le feu s’est éteint. Le comique suivant, malgré la nuit noire soudaine, y est quand même allé de sa blague. Profitant de mon échec botanique, il a proclamé que j’étais un âne doublé d’une tête de nul. Tout le monde a ri, et le moniteur a rallumé le feu.

J’ai déprimé – ça ne me vaut rien d’être nul. Et la dépression a duré toute mon adolescence. A la fin de cette période on m’a même rebaptisé. Ça s’est passé après la sortie du film Le Silence des agneaux avec Hannibal le Cannibale. Dès le lendemain, les lycéens m’ont surnommé Hannibal le Quasi-nul.

A cette époque, en cours de maths, le prof m’appelait Zéro. Le prof de français Page Blanche et en géographie Niveau de la Mer. En mécanique, l’enseignant me prenait en exemple pour expliquer le point mort. En musique mon nom était Soupir. Bon, ça suffit. Encore une chose : en haltérophilie, je ne soulevais même pas l’enthousiasme.

Ensuite j’ai commencé à rencontrer des filles, et bien entendu ça a été pire que tout. On a l’air con à tenir la main, ou le bras, d’un être transparent. Frappé d’inexistence j’ai voulu me faire entendre auprès des filles. Je me disais qu’il fallait leur parler de choses de filles, de choses qui leur parlaient avant même que je m’exprime. Mais je me noyais dans des trucs sexuels impossibles, confondant trompes de Fallope avec pompes de salopes (une claque), l’éloge de la passion et les loches de la passion (une claque), je me fourvoyais entre le banal et l’anal (un soufflet). J’étais tellement nul – un vrai nain – en langue fourrée, qu’on me surnommait Cunni-nimbus. Je me souviens d’un certain Freddy, un baiseur de première, les filles comparaient ses prouesses à mes insuccès ; avec lui c’était de la balle. Avec moi c’était de Laval.

Même si mon témoignage est au passé rien ne s’est arrangé aujourd’hui. Je suis à la poésie et à la littérature ce que la banane est au touriste en sandales-chaussettes. Un écrivain un peu short.

courrier à l'âne qui butine !

suite

Thierry Rat

A propos de Charles Pennequin



Sa poésie sort par sa parole, sa parole est dans la poésie, elle ne fait pas poésie, elle ne dit pas la poésie, elle est dans la poésie et sort de la poésie par sa parole, ce n'est pas un flux tendu, c'est une parole qui revient qui ne cesse de revenir à l'infini, sa poésie est le lieu même du fini qui n'en finit pas de finir, elle est l'expansion à l'intérieur de sa propre finitude, et n'en finit pas de s'expanser ou de s'ex-penser, c'est une poésie pensée du dedans qui s'ouvre au dehors par et dans la parole, par l'interstice qui peut être la bouche mais aussi le corps, un corps entre-fendu par où passe et repasse la parole, la parole qui est l'ouverture par où la poésie s'ex-porte, se présente, elle est le présent du moment où elle se donne, elle ne donne pas à entendre, elle se donne, parce qu'elle est à cet instant hors de lui, elle n'est plus le poète disant, elle est le dit qui s'ouvre et en s'ouvrant ce dit, se donne à l'autre, elle est désir de la parole concédée à l'autre.

FABIEN BASSAS

Alors voilà la ville a été détruite et la ville a été reconstruite et donc là ce sont des petits bouts de villes parce qu'elle a été construite puis après reconstruite et ce sont des petits bouts d'essai que je dis que ce sont des bouts de la ville voilà on imagine qu'on voit pas la ville entière hein ce n'est pas un plan de ville c'est qu'on est dans la ville et on marche dedans on marche sur un truc dans la ville on badine on flane on fait nos courses et paf ça fait crac et voilà c'est ça qu'on lit. Et en même temps on vit dedans on est entier dedans on voit pas tout on voit pas tout ensemble on voit qu'un bout et ependant qu'on boit un coup à la terrasse d'un café au soleil alors la ville elle se construit et déconstruit. C'est ça l'histoire.
Bin bonne lecture
Fabien



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Là-dessus il y a un grand mec maigre avec une coupe de cheveux raz du front qui arrive dans la ville. Il a fait un chemin très pénible. Il est très connu. Tout le monde le connaît. Il est dans le showbiz. Il dit qu’il a raison et qu’il va mettre tout le monde d’accord dans le bled. Qu’il sait ce qu’il fait. Ce qu’il fait c‘est qu’il prend une pierre il la met dans sa poche et il file tout droit. Il vole une Renault Mégane grise.

Là-dessus des chiens en dentelles se rassemblent autour de lui tournent autour de lui puis l’attaquent ensemble d’un coup. Ca fait beaucoup de bruit.

Des enfants dansent aussi en claquant des mains et en chantant pendant que le grand mec maigre du showbiz se fait bouffer par les chiens. Puis les mamans appellent leurs enfants par les fenêtres de leur cuisine parce qu’il est l’heure de déjeuner et qu’il faut se dépêcher ça va être froid. Les voix des mamans résonnent assez fort dans le quartier.

Les enfants rentrent fissa.

Ensuite dans un grand silence on voit que le grand mec maigre mort et dévoré se lève or comme il connaît bien la ville parce qu’il y est déjà venu il y a très longtemps c’est peut-être sa ville d’enfance il se lève pour se diriger directement au commissariat pour se plaindre. Ca lui ai déjà arrivé ces histoires il a même déjà fait de la prison dans une autre ville pour des motifs moins graves alors il est prudent il préfère porter plainte. Il est dans le showbiz alors il en a vu d'autres.

Quand il demande où est le commissariat on lui dit que c’est par là.

Sur le chemin du commissariat il vomit.

Au commissariat il dit : je sais que vous me connaissez je sais que je suis connu je sais que vous savez ce que je fais je sais que vous savez que ce que je fais c’est terrible. Oui oui lui répond l’agent de la police je vous connais c’est vrai je crois que c’était à la télévision c’est ça ? Sur ce un collègue de l’agent de police se joint à eux il est blond et il a les yeux bleus et lui il dit : oui oui vous êtes dans le showbiz c’était hier soir sur la deux et je trouve que vous chantez très mal je suis désolé mais c’est vrai qu’est ce que vous chantez mal dites donc et vous voulez quoi d’abord hein ?

Il dit : interdiction de faire jaillir le bonheur même en pinçant discrètement le sol.





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Puis les soldes.

Faire un ralenti sans faire gaffe sur qui fait les soldes et du coup choper tous les passants d’un coup dans le ralenti de sorte qu’ils ne savent pas eux-mêmes comment ils se trouvent pris dans ça.

Là ils y prennent un peu plaisir donc en même temps il y a beaucoup de monde il y a un bus quelconque qui arrive ou une bagnole quelconque il suffit seulement que ce soit mobile et plutôt rapide et qui prend tout le monde sans distinction de manière égale et ça fait comme un énorme animal qui ne sait pas trop quelle langue parler on en prends de plus en plus ils font comme s’ils ne savaient pas pourquoi ils sont là ils faisaient les soldes oui mais ils savent très bien pourquoi ils sont là alors au début on dit rien puis on fait semblant. C’est assez beau comme processus.

La dessus sur le semblant il y a dépôt d’une couche grise technologiquement très aboutie.

Le bus quelconque disparaît sous la couche grise technologiquement très aboutie.

Là-dessus découpage de la couche grise technologiquement très aboutie restante et redéploiement du résultat en 4 parties égales comme les parts d’un gâteau.

Chaque partie a des fonctions prédéfinies à l’avance par le projet mais avec une obligation soit de concertation soit de co-décision. On ne peut pas revenir sur sa décision. Médiation possible. Travail d’explication et de pédagogie évidemment mais on sait comment ça se passe ce n’est pas la panacée la pédagogie il suffit simplement d’un matin mal luné pour que le groupe se délite et que du conflit naisse.

A ce moment ce qu’on fait c’est qu’on mélange à nouveau les 4 parties égales on ne revient pas sur le ralenti il y a tout simplement reredéploiement du groupe en 4 parties égales après le mélange. Souvent ce qui fait rire les participants c’est qu’on se retrouve dans les mêmes parties qu’auparavant et que désormais ça se passe bien. Bien sur les soldes et le quotidien se poursuivent. On continue à emmener le enfants à l’école à partir en week-end à faire le ménage aller à la banque rencontrer des gens. Cela est envisageable de manière répétée il n'y a pas d'effet d'accumulation.

Là-dessus.

Le bilan.




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Là-dessus neige.

Et donc froid donc manque de nourriture de viande de desserts.

Les indiens se révoltent ou chassent.

Ainsi. Pas de loup approche naturelle et sauvage hop deux pas silence attaque un coup de masse sur le derrière du crâne des américains. Ils fléchissent à leur pied sans rien dire vaincus et ensanglantés.

Du sacré renaît par petites touches sur le sol glacé.

Vive la mort !

Du coup les américains fuient se rassemblent dans des grottes situées dans la périphérie ou en proche banlieue par groupe de 3 ou 4 maximum. Peut-être l’un d’eux à encore son cheval il le bouffe cru pour ne pas faire de feu de la fumée des signes du signalement de la signification. Deviennent très vite maigres. Viande crue ça ne les arrange pas. Ils réagissent mal. Du coup ils font des affaires avec leur corps qui n’assimilent pas la viande crue. Une sorte d’odeur. Sortent la nuit bien sûr pour remplir le frigo de légumes et de pousses sauvages. C’est dangereux.

La neige persiste.

Certains américains quittent leurs grottes pour se rendre. Deviennent de faibles esclaves. D’autres se replient plus loin. Certains atteignent Orléans et sont sauvés mais bon.

Puis un matin de mars disparition des indiens et donc les américains sortent de leur grotte et pas plus tard que revenus dans la ville ils développent un réseau efficace de garages automobiles multifonctionnels pour véhicules tout genre. C’est simple y’a pas une bagnole qui ne passe entre leur mains. Réparation, vente, tuning, assurance, location, etc… Ca cartonne dès qu'ils se font plus 1000 dollars ils se rachètent des chevaux. Au bout de 5 chevaux achetés ils abandonnent leur garage oui oui.

Là-dessus les indiens reviennent à nouveau c’est marrant ce va-et-vient des indiens mais ils restent en dehors de la ville ils tournent autour de la ville sur des grosses motos et couchent bruyamment avec des filles des fois ce sont des belles américaines. On les entends rire la nuit ça terrorise tout le monde.

L'ARMEE NOIRE A LA SOLDE DE SES SOUSCRIPTEURS !

 


 


 

 

 


Fiction

sa queue sur ma peau sa peau se meut dedans sa peau sa queue se meut sur ma peau ce peu ce mot oui c'est ça remue sa fiction dedans roman c'est ça que ce peu s'avance encore dedans remue sa peau se rue oui c'est bon c'est presque roman ça pleut c'est peu encore avance un peu remue encore dedans gros plan vas-y gros plan coco un peu marron oui encore un peu plus près sa peau sa queue dedans coco s'arrache il pleut gros plan oui pleut plan oui avance encore est bon oui parle oui c'est bon oui parle roman ça sent ça pleut ce peu ce mot si blanc sa peau sa queue ce peu dedans presque noir il fait nuit il fait dedans sa peau dit fait noir maintenant ne peut plus voit noir sur noir est dedans s'avance remue sa fiction noire sans blanc ne s'interrompt n'est pas n'est plus mais plein dedans n'est pas dans blanc roman mais remue avec la nuit les mots n'entend rien voit purée sur noir sans blanc rentré dedans ne sait plus remue mais ne sait plus si sa queue sur sa peau mais noir sans discussion roman sait plus sa fiction perdue dedans s'actionne et fait semblant s'attend reprend puis se tend se reprend s'agite se tait s'aère un blanc fiction roman ne sait pas sa queue oui on voit respire ça pleut ça fait des ombres puis noir ça chauffe ça râpe tendu violent son gland reprend ça sort lui flanque un peu lent crispé roman pas bon narration ha oui non vas-y plus fort reprend fiction s'agitent les corps mais non des blancs reviennent plongent revient rapide s'avance reprend son souffle rapide parole fiction s'entend reprend son temps longueurs mais longueurs mais sa queue reprend sa peau ça mort l'écriture ça mord ça prend c'est sûr c'est plein rond pas bon mais noir peau sans peau fiction foncé fiction roman son fion fissa dedans noir bien oui vas-y le fil tordu mais lissant dedans son cul ses mots dedans lui rentre et s'arrache il s'en va sa peau se pèle se plaint s'épile un poil se plaint c'est rien c'est plein sauf le poil reprend son droit non c'est pas ça revient c'est rien c'est poil ça revient dedans c'est noir et ça roule encore plus vite s'avance remue sa fiction les mots lui prend son cul lui remue mais voit rien entend remue c'est blanc non mais noir oui noircit et des mots ça pèle sa peau se plaint gémit c'est glissé mais poil seulement mais poil et blanc reprend plus fort plus blanc reprend que blanc renfonce remet bien ton noir dedans et sans poil le son mets le son dis tu le poil mais sans les blancs roman converse un peu mais non converse il pleut dedans conversation son temps passage mais sans blanc fout l'camp fout moi sur sa peau sur peau sur queue sur sa dans fion remonte le fil tordu son poil dans noir sans la fiction le blanc roman discussions pas l'temps ne voit rien s'agite mais ne voit rien même doucement ne voit pas voit blanc alors s'enfonce revient respire un peu doucement boit un coup ça pleut discussion ça fait soif un peu demeure dedans mais discutant mais ça repose son cul sa queue est reposée dans les conversations bidons est dedans mais molle dans sa peau est rêche mais ça mouille un peu ça respire les blancs son con bidon du vent on souffle et la flexion son cul mais réflexions bidon des trucs à côté mais con toujours son con à côté sa peau sa fiction mais non plus rien que blanc plus blanc que noir mais pas noir sur noir mais canapé non plus t'es cuit son mot son Q.I. son cul oui mais non les noms et plus s'agitent et plus noir non et poil le poil non plus dedans sa fiction mais blanc roman oui roman oui blanc mais pas poil tendu mais tordu mais le temps enculé dedans son dehors son air mais pas son nerf les discussions flexions en avant dedans en avant oui mais non encore un peu hein dis tu hein oui tu dis encore un peu tu peux plus t'es plus t'es cuit roman dis tu peux tu hein oui ho ha mais non t'es pas là t'es plus tu pues dis tu pues t'es plus là mais dans ma peau mon cul me prends dis que dis tu hein que tu mon cul ma bouche est dedans me prends le temps plus l'temps non mais prends et poil alors et ainsi c'est plein c'est bon roman c'est chiant roman ça pleut c'est plein mais chiant ça rentre aussi pareil mais c'est chiant roman ça plante c'est blanc les crispations ça use c'est plus c'est dehors débande ça pleut mais il fait mais dehors c'est plus ça eut mais c'est plus mais noir ou mais noir c'est bon ça sent mais pas l'temps ça rentre c'est fort et ça suce et pas l'temps ça rentre dedans mais tout noué fiction roman s'enfler se tend la gorge est nouée c'est enfler ça use mais bon oui mais noir oui ça rentre c'est ça ça suce c'est fort ça noue ça tue remue les langues se meuvent se move c'est moi s'agite c'est mort me mord la queue le cul que tu mais prends dis me l'arrache ma cause me cause pas discussion pas bon roman le blanc silence mais tout me prends remonte refait ça cause surface gémit je fais je mais je est on et on dedans mon con me lache dedans fiction sa peau s'affaisse se faire c'est bon c'est noir sans blanc roman discussion tu suces oui mais non pas bon discussion tu bandes oui sans non je monte je suis remonte ma plaie me l'ouvre dedans remue les mots remuent la peau c'est noir c'est plat ça prend tout ça noue c'est nous le noeud la cause la chose sa queue renom générique ça use dedans ça coud dedans je mouds je mêle tout et le noir mais rapide mais lent mais dedans grossit s'avance le poil dedans se tord et blanc revient roman son cul revient sa bouche trifouille se tend mais ça cuit c'est dur c'est sa queue remue sa fiction lui sa peau c'est lui sur sa peau la purée le rêche est dedans mais purée roman ça mouille ça jute ça jette et s'agite ça jute oui c'est grand roman bandant roman ses blancs c'est jute ça bute ça fait buter ouais c'est bon c'est dit c'est revenu son cul revenu sur sa queue retour sa peau ce peu sans pluie mais blanche la peau ce blanc disant son blanc ça pleut au dedans mais revenu dehors c'est rêche mais non c'est beau ça pleut aussi mais bleu sur sa viande est lui sur sa viande est sa cause lui cause ça y est revient c'est causé ça vient c'est long c'est lui sa viande elle fuit narration elle fuit narration bidon son cul c'est lui sa viande lui sort dessus la viande lui sort elle suit et ça reprend c'est noir plus noir puis blanc c'est blanc ça pleut mais bleu c'est lui c'est plus lui c'est dedans c'est noir c'est plus blanc c'est noir non ça dort c'est chiant c'est plus mort c'est nuit mais jouit son heure c'est à lui mais dedans son temps mais dehors ça fuit c'est son heure ça fuit son temps lui fuit sa viande et lui c'est mort et ça s'écrit c'est l'écriture son corps son cul lui rentre c'est écrit s'enfuit dehors remonte et la flexion dis hein la flexion roman le blanc s'enfonce le sens ça mord le poil n'est plus ni pluie ça plante c'est roman c'est blanc ça eut pu mais c'est plus ça pleut même plus mais bleuit mais sans nom fiction ça flanche le corps est sa flaque se fend c'est lui mais sa flaque se fouille remonte en sa queue se fuit c'est son temps ça fait mourir c'est beau c'est dans son con ça jouit mais c'est mort mais jouit mais le temps se plie elle se plie c'est à lui ça mais oui c'est pliant pas chiant roman ça plie fiction c'est foutu mais roman ça jouit c'est à lui c'est sa peau son écriture et ça sent du fient c'est fuyant pas roman le plein le blanc son con lui plie il est sa queue lui plante il est lui plante il luit est pâle il pleut ça s'écrit c'est roman ça fléchit c'est peut débande il a sa queue toute molle c'est lui se parle il a son gland sa flexion roman ça reprend mais non c'est gland le sent il sent se pend il garde il peut pose un peu se pose recule on est devant on regarde recule un peu son con sa bouche est dans sa pluie c'est lui sa pluie noire dedans mais on voit pas on voit et le blanc le plein on plaint son cul on est lui on voudrait mais ça pleut pas c'est passé ça pleut plus comme un peu nuit mais sans vie et ne mord plus c'est flexion du vent roman ça ne vomit plus c'est son cul mais ça mord plus c'est cuit s'ennuie s'attend roman dedans mais ne vient pas dans le foin la viande elle sert lui sert la flexion c'est usé bout garni ça sert plus c'est pensé remue plus mais pense un peu tendu violent rage de dent ça collera c'est collé ça a plu mais ça pleut peu c'est puant pas la nuit elle pue aussi mais ça pleut c'est pis c'est rien ça cause ici gémit les ondées ça colle ça oui c'est à jeter poubelle ça s'ouvre et parle dedans c'est fondu on a l'temps on plaint on germe on est dans sa colle sa viande elle fuit on cherche s'oublie on vieillit on est vieux mais pas mieux on se meut peu pas mieux on a des mots on ne mord plus on branle zéro ça reste collant puant ça n'remue plus ça pue descriptions lui sort un peu oui s'aère oui c'est plus nuit c'est nue poésie ha c'est plomb remords il cuisent dedans parlant ça pense un peu pas trop repose et c'est posé mais non c'est mou ça peuple et nous du plomb dedans c'est serré ça creuse pas ça colle oui et boue aussi de ça creuse alors ça oui envie mais creuse mais non c'est mort ça pleut plus c'est jouit c'est plus comme mort recuit et cale dans sa colle c'est con et ça nous creuse c'est noué c'est nu dans son cul ça parle mais ne parle plus remue plus noir sur noir et dans la gorge non plus sait plus mais remue son cul ça s'éteint doucement bruit d'fond vidé le puits s'ennuie on dort c'est mort non ça rit c'est nerveux c'est peu mais du rire ça pompe et repart ça pétille ça pleut un peu dans sa bouche c'est son gland qui sourit son rire est dedans pétillant sa fiction le quitte c'est cuit mais non ça revient ça sauce un peu c'est lui revient le blanc est sa viande et dedans ça cause s'agrandit c'est bougé ça pleut un peu dans son cul remue sa fiction est sa merde est jetée est sa nuit et revient sa nuit repart encore peu et creuse nous creusant son creux ce blanc roman est grand maintenant creusant l'image et parle remue mais plus tellement son cul n'est plus sa queue sur sa peau c'est perlé ça pleut un peu ha oui ça pleut tient oui et c'est peut-être son temps dis si tu peux dis tu dis plus tu défais remontes le son et pétille dans ça c'est son cul lui revient ça lui r'vient sa bouche est dedans ça mort c'est l'écriture se taire s'enfler se faire il se fend se fait fendre c'est gonflant mais fendu ça pue ça pleut peu mais bidonnant ça pétille ça bute aussi mais peu mais colle noir sur noir tu prends dis tu mon cul ma bouche me pèle dis c'est traduit c'est son heure son temps qu'il pond il l'a pond c'est à lui c'est son poil sa tresse le tend l'avance et s'appelle c'est parlé pondu assez parlé assez dit qu'il faut dire que ça creuse ça lui plaît c'est fendant lui fend au feulant c'est payant faut taper traduire c'est noué lui met son noué lui pleut gémit pas d'ondée mais lui pleut mais son plomb doucement est sa viande son mot doucement remonte son temps roman remonte c'est trempé c'est sa pause mais noir un peu et l'odeur est dedans il tire remue sa fiction l'arrache il crache son roman sur sa peau avance et se parle mais peu s'agite mais peu s'y perd bafouille et s'enfle c'est son temps qu'il trempe ça dure et s'use déjà bu son noir déjà plus déjà au dedans se sent mais à peine sans les sons sans l'heure ça s'enfuit c'est pas rien non plus mais enflé tout doux tout gris sorti la fumée doucement un peu cuit c'est du rhum si peu et sorti oh oui un peu et las et pas dur mais râpé c'est des fonds ils s'affaissent se fendent et collent sont collants sont gonflants nous gonflent doucement les noms ça revient mais un peu seulement et parti la nuit un peu mais on sent le sent doucement et fuyant mais un peu mais pas trop ça fatigue inodore mais puant au dedans ils dorment doucement pas trop chiant mais doucement s'endorment et va en parle et se tait s'allume on parle un peu mais se taire oui mais se taire mais c'est nuit c'est sa terre s'ennuie encore c'est son heure oui son temps qui fout l'camp au dedans mais dehors ça court c'est couru ça n'court plus c'est pété ça pèle dehors c'est blanc ou du plomb ça allume c'est plombé c'est plus lui c'est lui mais dehors c'est blanc doucement ça allume c'est des blancs il pleut mais doucement ne pleut pas mais doucement seulement c'est sa nuit
 
 
Charles Pennequin. 8 juin 96

ZOMBIE WALK & VIRUS PUNK


Mort. Vie. Mort. Vie. Mort. Vie. Mort. Vit. Mord. Vie. Mort-vivant.
Geste sans événement. Naissance incessante en clignotant.
Talk. Silence. Talk. Silence. Talk. Silence. Zombie walk.
Processus défunt. Procès sus des fins. Proxys glauqʼ.
Mort animé. Contrôle sorcier. Emprise de lʼAutre. Le Nôtre.
Apparaît. Halluciné. Visionné, prise en condition. Fiction.
Bruissant, grinçant, gémissant. Aphasique, apathique.
Spectre se nourrissant. Pourrissant. Dʼos en eaux. Dermique.
Peau qui vire à lʼâcre, râle, sacrale et virale. Khôrique.
Horde sans ordre. Mordre. Corde. Corps-port. Systémique.
Error. Terror. Horror. Hors… Bords. Sang. Sorts. Chiant.
Trésor. Essor. Ressort. Or… Pores. Sens. Forts. Chance.
Evénement du geste. Zeste de conscience. Qui reste.
Qui danse. Cadences. Cas. Pas. Danse. Dense. Pense.
Fente. Hommes. Fantômes. Femmes. Amantes. Survivantes.
Vampires. Vents pires. Goules qui coulent. Couilles qui souillent.
Habiter, habiter la bite, habiter le tas, habitat. Ta. Bi. Tait.
Infecter, incuber, inventer. Succomber. Succuber. Susciter.
Sucer, citer, situer. Tu es tuée, mutée, luttée. Pute ressuscitée.
Imager lʼoxy-mort. Activer la magie, core. Hardcore, mort écartée.
Floods. Mood. Flous. Mou. Fouille, mouille. Fuite, vite, hit !
Fous voyous, codes crades, bad mad, fuck suck, drunk punk !
Drink pink, bruits cris, kiss piss, cum com foufʼ feu yummy you & me !

 

 

Aurélien Marion

CHRISTOPHE MANON

Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta Moi vivant, je serai ta peste.

JULIEN D'ABRIGEON

Chasse VIII


Une commande se livre à l'extérieur. J'aime ce côté livreur de pizza. Ça m'amuse. J'apprécie cette mise à l'épreuve, cela m'ôte le choix. Juste l'action. L'action, l'action, l'action. Mes amis dirigeants ne misent que par l'action. Ils ne parlent que de l'action, agir. Ils en parlent.




Le contrat est simple est flou. Je connais la fonction, une description sommaire, une localisation approximative du lieu de travail.




« le type il est assez maigre il a je crois des grosses moustaches, cheveux longs et bruns et il doit avoir un peu plus de 50 piges. »


Je ne veux rien savoir du mobile, du client, de la cible.


Sur place, je me perds. La ville n'existe pas. Ce n'est pas une ville, mais des maisons qui se chevauchent en bourgs qui se chevauchent en rien. Je tourne. Un épuisement nerveux est mauvais pour la concentration.


Plan acquis, le trajet s'éclaire peu à peu. Le lieu est repéré. Pourquoi revenir ?




Le couteau est peu sûr en ville, le pistolet trop hasardeux pour une commande. La cordelette entre deux voitures a son charme mais cela demande un certain temps de dégustation. Le plus simple reste le bon vieux fusil à lunette. La bêtise serait de se percher en immeuble. L'amateur désuet seul y pense. Le professionnel a, depuis longtemps, aménagé une plaque d'immatriculation montée sur charnières, dévoilant un trou pour le canon, une meurtrière horizontale pour la lunette. Ces grandes plaques d'immatriculation sont une des raisons principales qui amènent les personnes de mon statut social a acheter massivement des 4x4 ces dernières années. Tant qu'on peut écraser.


En position je repère une moustache. Je tire, il tombe.


Il saigne beaucoup, le crâne est bien arraché. Toutefois, je trouve qu'il a les cheveux bien courts.


Très courts.


Trop courts.


Je crois avoir agi avec un peu de précipitation. Ce doit être ce trajet à perte. Les badauds, s'approchent. Je quitte le véhicule et m'y rend également. La foule se presse, puis les secours inutiles. Je repère le type. Je me suis bien trompé. Rien de comparable. Il a l'air sympathique, très gentil. Je discute un peu avec lui. Je me débrouille pour obtenir le nom des deux moustachus. La cible semble bouleversée, c'est amusant. Il s'éloigne. Je le suis du regard puis du 4x4. Il titube un peu, s'arrête, repart. Il semble troublé. Il marche au milieu de la route. Je manque l'écraser. Il tourne dans une rue composée d'un espace entre un garage et un mur salopé.


Je ne manque pas de l'écraser cette fois-ci.


Je prends même le temps de faire ma manoeuvre sur son corps, au cas où, cela aurait pu s'avérer très utile.


L'avant du 4x4 dissimule mon geste, le voici dans de beaux draps, un beau sac poubelle, spécial gravats, les plus solides pour contenir le corps ET le leste.. Je quitte mes gants de caoutchouc talqués qui semblent être étudiés pour déclencher la sudation. L'étang tout proche sera parfait. Je lui laisse mon fusil. Les pistes se brouilleront d'elles-mêmes lorsqu'il refera surface. On croira à un travail d'amateurs respectifs. Pour bien fignoler l'imbroglio artificiel, sur le chemin du retour, je m'arrêterai buter la femme d'un des deux. Celle qui m'évitera un trop gros détour. Je ne regrette pas les 6€49 que m'ont coûté mon plan .


 

 

extrait de Zaroff, parties de chasse (titre provisoire)

PHRASE A DEUX BALLES

DANS LA SERIE DES LOTS DE PHRASES A DEUX BALLES POUR VOS SOIREES :"Art ou pas, un squatt est un squatt, une atteinte à la propriété privée" 


SqUaTt / AnArChiE · SéXuALiTé · TrAvAiL SaLaRié · AntiMoNDiALiSaTiOn POURVU QUE TRAVAIL INDUSTRIE POLICE ET RELIGION NOUS PRETENT VIE CAR NOUS PORTONS ATTEINTE A LA PROPRIETE PRIVEE NOUS PORTONS ATTEINTE A LA PROSTITUTION NOUS PORTONS ATTEINTE A Art ou pas, un squatt est un squatt est un blog est un nul  nullblog nul lieu d'existence mais aussi : TANT QU'IL Y AURA ASSEZ DE CORPS IL Y AURA A PORTER ATTEINTE ART OU PAS UN SQUATT EST UN SQUAT   


SQUAT = VIE


PROPRIEETE=EXISTENCE


PRIVE DEFENSE D'ENTRER de "ENTERRER" DE S'ENTERRER CAR  C'est pas une vie d'exister CHIEN MECHANT ON VA MORDRE ENTERRINONS L'enterrement dans la terre de soi de l'existence exister c'est être un autre qui se squatte.

CHRISTOPHE MANON

Soleilbourré

 

 

 

Aujourd’hui la mort est dans l’air,

dans l’air, elle est dans l’air la mort.

Ouvrir les fenêtres c’est s’ouvrir les veines.

Certains regards sont des claques, certains

regards des claques à toute joie de vivre.

Pourtant la poussière pourtant ne craint plus

les coups ni les crachats, la poussière.

Elle plane dans le beau temps si généreux.

Elle plane tandis que le SoLeiL longe les rues

d’un pas songeur, le SoLeiL d’un pas longe

les rues songeur. Il est bourré, bourré, complètement

bourré. Il se vautre la gueule dans le caniveau.

 

 

C’est tout.

 

Jardi 23 décombre 1665


 

 

 

 

La vie de tous les jours n’a rien compris à la vie, rien compris,

elle n’a rien compris car elle n’a pas lu toutes les pages.

Nous manquons ici, c’est ainsi, nous manquons singulièrement

 

d’ a i r

 

de sorte que je vous demande solennellement

de cessser de déféquer sur mes vers idiots

et de garder le baquet pour vos eaux usées.

 

 

C’est tout.

 

Sarcredi 25 décombre 1436

 


 

 

 

 

Sœurs chiennes, frères chiens,

loriots, fourmis, baleines, macaques,

bêtes bêtes bêtes, venez à moi.

Nous sommes tous, nous tous sommes

habitants du séjour infini de la Terre.

Nous sommes frères, nous baignons

dans la même lumière, la même lumière,

nous baignons dans la même

lumière.

 

 

C’est tout.

 

Lardi 54 décombre 1935


 

 

Comptine

 

 

Le 3 pénètre le 0

et entre dans la ligne du 2.

Il pleut. Il pleut.

Le 4 fait un cercle autour du 5.

Il n’a pas peur d’ouvrir les yeux

et de couper le 6 en deux.

Il pleut. Il pleut.

Le 7 est un bol de riz qui a perdu

tous ses amis. Il traque le 8

et plonge dans le centre du 9.

Il pleut. Il pleut.

Mais dites-moi, dites-moi

s’il vous plaît, où est passé le 1.

 

 

C’est tout.

 

Dimarche 49 jarvier 2055

 

 

 

SaVoirViVre

(tout une histoire)

 

 

hier soir je me suis endormi sans mettre mon visage. ce matin

j’ai oublié ce matin de mourir puis d’un coup de marteau

j’ai butté Dieu. je l’ai butté Dieu et j’ai vissé mon œil au ciel.

le soleil jouait sur ma tempe comme un petit lapin. le vent tintait

dans mes narines. il tintait diling diling le vent dans mes narines.

j’ai libéré la force incluse dans les mots. j’ai donné souffle au sens.

mon auguste Pensée comme la girouette je l’ai tournée vers l’Est.

je me suis déguisé jusqu’aux poumons. aux poumons déguisé

jusqu’aux poumons et j’ai bercé mon ventre avec mon sang.

 

 

C’est tout.

 

Lourdi 63 jarvier 2022

PHILIPPE BOISNARD

le concept ce sont des mots, des mots et des idées, des mots qui viennent s'imbriquer, pour boucher le trou de la vie, car la vie n'est pas un concept, la vie est un insecte, la vie est inepte, elle se marie pas la vie aux concepts de "vie", qui la dévie vers le vivant, la globalise ou la mondialise comme la vie-viande et pas la vie-vive, pas le vie-vent, mais la vie-lente du concept qui pas à pas, oui du pas au pas, dit mot mais ne dit vie, sans voir inscrit la vie la visse à vide dans le paddock de ces mots mis, et la vie dedans inerte et blême, plus blette, belette ou quéquette, elle bande plus, elle bande moue la vie dans le concept, car c'est sec le concept, la conjonction des concepts, les concepts ont trop de lunettes pour la vie, microscope déambulatoire en ligne de bouche il la ferme la vie, la tue, la taisent, la fessent la vie, et la vie dedans elle a pu l'espace de se débattre, car la vie ça remue, ça bouge dedans la viande, mais il ne reste plus que la viande du concept quand le concept s'occupe de la vie, la vie dite vivante n'est plus que l'ombre qui hante la plante à défaut de vives,  la vie dedans si elle peut pas gigoter, si c'est trop rêche elle a plus rien à faire, elle a plus qu'à mourir, peine perdue qui court n'atteint pas la limite, le concept c'est la braguette qui coupe la vie, la ceinture de châsteté qui cloue vivante la vie dans le cébum anti-douleur des mots ou dans le formol des phrases, la châtreuse à quéquette qui bande dans la vie, le concept c'est pas la vie, c'est la brique qui écrase la trique qui bande, car la vie, oui la vie, elle bande, ça se voit qu'elle bande la vie, et pas qu'un peu qu'elle bande, et même encore dans les plantes qu'il y a de la vie qui se débat pour sortir de taire, pour se dire sans concept, car la vie c'est pas qu'elle aime pas les mots, c'est qu'elle n'aime pas les concepts, elle est allergique aux concepts je vous dis, la vie elle paranoïe au seul son de l'approche des concepts, car elle sait que là il y a plus de vie, il y a seulement le cadavre mort de la vie, le concept c'est antiseptique à la vie, un antigène à la vie, le concept ça bande pas mou, ça bande pas du tout si on y prend pas grade, ça coupe l'élan, bien droit et bien réglé, il met trop d'ordre dans la vie, et la vie elle, elle supporte pas trop d'ordre, la vie elle a pas de place, car si tu coupes le bras la vie est encore là, si tu coupes la jambe, elle poursuit sans perte ni gain, si tu coupes la bite, la vie elle meurt, c'est comme le coeur, tu l'enlèves plus de vie, la vie elle a pas de place car elle n'est pas une chose, et donc elle n'est pas un objet, et donc elle ne tient pas en place dans le concept, le concept est trop rigide pour elle, la rend frigide, la frigère, et n'a de cesse de légiférer sur ce qu'elle pourrait faire

CHRISTOPHE MANON

Ré(tré)cit 4. Un jour Achille Carafon se rendit chez le poissonnier pour acheter du poisson. Il acheta du cabillaud et un beau maquereau. Malheureusement il repartit en oubliant son paquet sur le comptoir à côté de la caisse. Lorsqu’il s’en aperçut, il était déjà loin de la poissonnerie et eut la flemme d’y retourner. Comme il passait devant une boucherie-charcuterie, il décida d’entrer et d’acheter une belle entrecôte et du saucisson. Malheureusement il repartit en oubliant son paquet sur le comptoir à côté de la caisse. Lorsqu’il s’en aperçut, il était déjà loin de la boucherie et eut la flemme d’y retourner. Comme il passait devant une boulangerie-patisserie, il décida d’entrer et d’acheter une fougasse et des petits gâteaux pour son dessert. Malheureusement il repartit en oubliant son paquet sur le comptoir à côté de la caisse. Lorsqu’il s’en aperçut, il était déjà loin de la boulangerie-patisserie et eut la flemme d’y retourner. Comme il passait devant un magasin de fruits et légumes, il décida d’entrer et d’acheter quelques tomates, un choux et une barquette de fraises. Malheureusement il repartit en oubliant son paquet sur le comptoir à côté de la caisse. Lorsqu’il s’en aperçut, il était déjà loin du magasin de fruits et légumes et eut la flemme d’y retourner. Comme il était près de chez lui, Achille Carafon décida de rentrer sans plus attendre. Ce jour-là, Achille Carafon ne mangea rien et resta planté devant sa télé. Et voilà.

Chanson nette

 

 

file nous d’la gnole

grosse tafiole

sinon on brûle ta bagnole

 

file nous du flouze

grosse tarlouze

sinon on rase ta pelouse

 

donne nous blé

gros pédé

sinon on nique ta télé

 

fourgue nous d’la came

grosse tatane

sinon on baise ta Madame

 

d’la tune

tête d’enclume

sinon on t’arrache les plumes

 

 

CHRISTOPHE MANON

CHRISTOPHE MANON

Rétrécits

 

 

1. Une vieille s’assoit dans son fauteuil et allume la télé. Elle s’endort presque aussitôt et elle rêve. Elle rêve qu’elle est dans la télé et qu’elle parle aux autres vieilles qui sont assises dans leurs fauteuils et regardent la télé. La vieille se réveille. Elle est assise dans son fauteuil devant la télé. Elle s’aperçoit qu’il y a une vieille à la télé qui parle aux autres vieilles et elle se rendort rassurée.