N U L S

L'INVENTION DE LA VIE

 

Ce matin même j’ai inventé une bombe qui va faire sauter la planète toute entière. C’est une invention toute simple. Personne n’y avait encore pensé. Pourtant c’était très simple à faire. J’ai fait ça dans ma cuisine, juste sur ma table en formica. Une bombe toute bête et rien de plus simple pour la manœuvrer. Il y a juste un gros bouton, avec marqué dessus : « boum ? ». On appuie et la planète vole en éclat. La planète toute entière je dis bien. Ce matin je me lève, hop, j’invente la petite bombe révolutionnaire en cinq minutes sur le coin de ma table en formica. Personne n’y avait encore jamais pensé jusqu’à ce jour. Certains avaient échafaudé quelques plans surgis de vagues idées, d’autres touchaient presque au but puis s’en éloignaient rapidement. Un nombre incalculable de savants se sont penchés sur la manière dont on pourrait faire péter la planète en un seul coup, mais personne n’a vraiment réussi à développer l’outil qu’il fallait pour la faire exploser, déjà parce qu’un nombre incalculable de savants n’imaginaient même pas que c’était possible, que ça resterait définitivement du domaine du rêve, alors qu’il suffisait de se pencher un peu sur le problème et de trouver la solution. Une solution vraiment toute bête. C’est si simple et pourtant personne, je dis bien personne personne personne n’y a jamais pensé jusqu’à ce jour ! Alors que c’est vraiment tout bête tout bête tout bête. Il suffisait juste d’y penser. Du coup, maintenant, dès que l’envie me prendra de tout faire péter, j’appuierai sur boum et j’enverrai valser la planète dans l’espace, toute la planète réduite en miette. Plus de plantes, plus d’animaux et plus d’humains. Terminé ! juste avec l’engin que j’ai inventé ce matin sur la table en formica de ma cuisine. Il reste plus qu’à prendre en otage tout le monde, tous les peuples, tous les animaux, toutes les plantes, ou sinon je fais tout péter.

 

le témoignage de josé pour la soirée de l'armée noire

charles
je lis les commentaires un peu partout sur la soirée de l'armée noire de laquelle je suis parti (pardon mais c'est l'amour et elle me manquait) en douce et donc j'y vais de mon petit commentaire aussi parce que je vous trouve sévères avec vous.
la soirée de l'armée norie est ratée mais surtout elle n'est pas complètement ratée. elle est ratée parce que il y avait des artistes et des spectateurs face à face et que jamais cette limite n'a été floue. c'est à cause de la scène, des lumières, des chaises en face, des loges où seuls certains pouvaient s'aventurer, et aussi d'un manque de remise en cause de certains des artistes : je te le disais, le texte de bertin est bien mais désamorcé direct à cause de sa lecture qui était une lecture devant et non pas dedans, parce que lui même jouait (mais ce doit être un jeu sérieux, je serai sérieux comme le plaisir comme disait l'autre) et que tous on a pu distancier la violence qu'il a en lui pour en faire un spectacle inoffensif mais ça c'est de sa faute. ou edziré qui ne semblait plus se préoccuper des gens et faire son truc (long) sans jamais se demander rien du tout sur rien. azam après sa super lecture qui va presque se coucher sur un chaise pour laisser défiler le temps comme il doit défiler normalement. mais tu vois c'ets pas si grave on a tous l'imperfection en nous et c'est heureux. mais c'est aussi à cause de nous les spectateurs. on est les spectateurs-coincés. les spectateurs-coincés qui aiment regarder en priant pour ne pas faire plus qu'être là. les spectateurs-coincés contents d'être la petite foule avertie. contents d'être avertis du combat de l'armée noire mais sans jamais mettre les mains dans la viande, sans toucher les armes, sans tirer, sans combattre. les spectateurs-coincés qui assistent en assistés de la pensée. vous avez pensé pour nous et si vous le faites pas on le fera pas et vous le faites parce que vous tenez à nous et c'est ici que ça rate. mais ça charles malheureusement ça n'est pas prêt de changer parce que si vous vous essayez de renverser quelque chose, les spectateurs-coincés eux sont conservateurs parce que ce sont des spectateurs. rien n'est impossible et ça changera c'est certain mais c'est un travail de longue haleine et on va tous en chier : les artistes qui devront descendre et les spectateurs qui devront enfin faire plus que ça et faire de ce qu'ils voient, de ce qu'ils lisent un vrai combat qui peut-être tragique et drôle ou douloureux et goguenard ou je ne saisquoi encore , pour être vivant, vivant comme toi par exemple. donc c'est 50/50 mon cher charly chan et perso, je trouve que vous vous êtes bien battus dans cette bataille perdue (d'avance)
la tombeau là ratée, ce n'est qu'un signe de tout ça. et puis plus concrètement, j'avais le numéro 72... il n'est jamais sorti le numéro 72. j'aurai du mentir et prétendre que j'avais tous les numéros à chaque fois qu'un sortait et j'aurai aujourd'hui des poils de culs et de chattes et de bites en sachet d'artistes que j'aime bien. mais j'étais le spectateur-coincé ! tu vois, la tombeau là, c'est nous qui l'avons raté autant que vous.
quand même, je voulais dire ça : ce n'est pas raté rien que pour ça : - la lecture de cécile avec megaphone en douce et trompette à l'entrée, la merveilleuse petite lecture qui me résonne comme une petite élégie dans la tête, - ta bienveillance constantte avec tout le monde présent et ton implication visible, dense que tu partageais peut-être sans le vouloir mais avec une sincérité qui fait du bien, - les rencontres qu'on a pu faire (moi, lucien suel que je voyais pour la première fois et que j'ai vraiment aimé parler avec lui de tout et de rien), - la lecture d'edith, tout court et celle de clémens. - le chant esquimo de antoine boute durant la tombola à tomber par terre de rire. - vous l'avez fait !!!
raté mais pas un naufrage la soirée !!! merde alors. il faut continuer !
merci merci mes chéris !

martin gosset

Par là-dessus, il y a un homme qui travaille dans un poulailler. Il travaille dans un vaste hangar à poules. Il travaille dans la grande foire des poules. Il y a un champ de blé qui entoure le hangar. On a mis le hangar dans un paysage désolé. Le champ est moissonné. L’homme est esclave de l’industrie des poules. L’homme a quitté son pays. On lui a proposé le pays des poules. On a mis la compagnie des poules dans la vie de l’homme. L’homme est un fils qui a oublié sa langue natale depuis longtemps.

Par là-dessus il y a un gros turn-over chez les poules. Le turn-over des poules passe devant la vue de l’homme. Sa vue y va régulièrement. Il y a une forte occupation du sol. Il a les pieds dans les poules. Il y a une forte odeur d’ammoniac dans l’air au-dessus des poules.Il y a du turn-over sur l’identité des poules. Il vit dans le transit des poules. C’est un peu le congé des affects.Le turn-over des poules travaille dans le deuil.

Par là-dessus, il y a un père qui vit au Portugal. Sa vie est dans un HLM. L’ambiance du HLM est faite comme une émission de télé. L’HLM est un gros magnétoscope. Le père force son fils à regarder ‘Uccelacci e uccelini' . Le père fait rentrer la religion par les yeux de son fils. Il veut séquestrer son fils dans la religion. Le père veut apprendre à son fils plein de trucs sur les oiseaux. Le père enferme son fils à la maison pour lui mettre St François à la télé.

Par là-dessus, l’homme qui travaille dans le poulailler jette du grain aux poules.

Par là-dessus, le père Portugais se fait cuire des œufs sur le plat.

Par là-dessus, il y a le chef de la volaille qui veut parler à l’homme qui travaille dans le poulailler. Le commandant veut s’adresser à son esclave. Le commandant est amoureux de la musique. Le chef de la volaille est mélomane. La musique vit dans le corps du commandant. La musique a amadoué le corps du commandant. Il y a quelque chose qui entretient une flamme dans le corps du commandant. Le gros corps du commandant est bisexuel.

Par là-dessus le fils du père portugais doit aller faire son service militaire. L’état portugais veut le sauver.

Par là-dessus il y a un jeune garçon qui erre dans le hangar. Le jeune fils du commandant erre dans le hangar. Le jeune garçon est un cadavre. Le jeune fils vit dans le turn-over des poules. 

Là, on se rend compte que le fils est un peu psychotique. Le jeune garçon est muet. Le commandant cultive la musique dans son fils. Le commandant viole son fils. Le commandant prend son fils pour un atelier. Le commandant fabrique sa musique dans le corps de son fils. Le fils est régulièrement vidé de sa musique par son père commandant. 

Par là-dessus, on voit le voyage des œufs dans le corps des poules. On voit le voyage des œufs dans le corps des poules.

Pendant ce temps, il y a un choeur d’églises qui chante la Nativité. 

Par là-dessus, un quart de l’écran montre le gésier des poules. 

Le jeune fils du commandant prend conscience que les cailloux dans les
poules vont être son écriture. 

Par là-dessus on voit les lèvres du fils du commandant. Le fils du commandant est muet. Le jeune garçon écrit dans la volaille. Le jeune fils écrit dans les ventres. Le jeune fils ouvre les ventres des poules avec une arme. 

Là, y a une grande moisson. (C’est l’époque des grandes moissons). Ça veut dire que le jeune fils fait sa provision de cailloux. Le jeune fils casse les vitres avec un lance-pierre. Le fils du commandant écrit dans les vitres. Le fils écrit lui écrit dans son hangar au commandant. Le fils du commandant se met à contrôler la vie de son père. Il écrit la vie de son père dans les vitres. Le fils prend son père en main et finalement, prend le contrôle de son père.

Là, on se rend compte que le fils met un rêve américain dans les pattes de son père. 

Par là dessus, la langue natale de l’homme qui travaille dans le poulailler commence à se mettre en boule. L’esclave reprend contact avec sa langue natale. La force élastique du lance-pierre pousse la langue natale vers la sortie.

Par là-dessus, le commandant se met à faire un rêve américain. Son rêve américain se libère. Son rêve américain remonte à la surface de temps en temps. Il écrit américain. Les cheveux du commandant poussent. Il a les cheveux tellement longs qu’on peut jouer de la guitare avec. Il écrit des chansons avec son clavier américain. 

Par là-dessus, le commandant vient parler à son esclave. Le commandant veut mettre la misère à son esclave. La misère gagne l’esclave. Les poules voient sa honte grandir. L’esclave entend parler américain. Le commandant s’exerce sur le dos de l’esclave. Le commandant répète dans le corps de son esclave. L’américain résonne dans le corps de l’esclave. Le commandant lui dit fuck my wife. Le commandant met un marché en main à l’esclave. Il lui met le marché en main. L’esclave regarde le marché dans ses mains. 

Là, on se rend compte que l’esclave porte un regard nouveau sur ses mains. Ça se met à peser lourd dans les mains de l’esclave. L’esclave porte le marché. Le commandant met sa femme sur le marché. Le commandant transforme sa femme en marchandise. Le commandant met sa femme sur le trottoir. Le poulailler devient e-bay. Le commandant se comporte comme un plouc. Le commandant voit la partie plouc de son cerveau. 

Par là-dessus, le fils séquestré du père portugais est exempté du service militaire. L’état portugais ne veut plus le sauver. Le fils séquestré vit dans l’ombre de son soldat. Il sort du centre d’essais. Une bande armée lui fait les poches. Il se fait dépouiller. La bande armée lui trafique son ombre. La bande armée alimente un trafic.

Là, on rachète l’ombre du fils séquestré pour la mettre sur le corps de la femme du commandant. On s’endette jusqu’au coup pour faire monter les enchères. On graisse les machines de l’enfer pour des questions de sueur. On fout les enchères à poil. On prostitue l’enchère. On est obligé de filer de la drogue à l’enchère. L’enchère a des vieilles suées. 

Par là-dessus il y a des Chinois qui bossent dans des hangars. Les Chinois sont esclaves du travail. Les Chinois jouent sur e–bay. Le travail des Chinois c’est de racler la sueur des enchères. La sueur des enchères devient du jus de cul. 

Par là-dessus, on noie l’ombre de l’enfant dans la marmite de la femme du commandant. On évangélise la femme du commandant. On ressuscite la femme du commandant. La femme du commandant retrouve sa dignité. Du coup la femme du commandant refait le hangar à neuf. La femme du commandant se met à parler
Portugais. L’esclave tombe dans la langue amoureuse de la femme. L’esclave se noie dans sa langue natale. L’esclave boit la tasse dans le lac de sa langue maternelle. L’eau du lac c’est une espèce de portugais sans consonnes. On lui a coupé la bite de sa langue maternelle. Sa langue maternelle passe ses journées à faire l’amour. Les Allemands consacrent un gros
budget à l’effort de guerre. Le Portugais dégouline. Il n’y a plus les grandes parties de croc-en-jambe. L’esclave se fusionne avec son lui. 

Par là-dessus, un groupe de commandants fait du commerce électronique. Le groupe en bande commerce électroniquement avec les esclaves chinois. Le groupe de commandants contracte une dette envers un esclave chinois. L’esclave chinois marchande sa force de travail électronique. Le groupe de commandant achète la sueur de l’enchère sur l’ombre du fils portugais (ça devient bien). Ça boutique au litre avec les restes. La langue maternelle lave les pieds de l’homme qui travaille dans le poulailler. Sa langue maternelle lave son corps du sol au plafond. Sa langue maternelle lui cire son parquet. 

Par là-dessus, le commandant a achevé son morceau. La force du divorce fait marcher la grande soufflerie. Le commandant joue de l’orgue. Il y a un moment de musique dans le poulailler.

Par là-dessus, il y a une super vielle femme qui est alitée. Il s’agit de la grand-mère du commandant. 





le rêve américain (disponible)

la grandeur du peuple allemand 
(réservé

clémence

je veux casser du rêve malade je veux casser du rêve malade je veux casser du rêve malade je veux casser du rêve malade je veux casser du rêve malade je suis du vent de la neige du roseau et de la fonte et j'éprouve prouve prouve antable l'horrible rêve des matériaux les matériaux sont très forts ils disent car les matériaux sont matériaux mais j'éprouve antable je veux et cogne le matériau et découpe et fait et installe et fais et le matériau éprouve antable le matériau dit et transmet les choses que j'ai à savoir pour pouvoir rester j'étais solide et j'étais fragile et aujourd'hui je j'étais solide et j'étais fragile et demain aussi j'étais et maintenant j'eu été fragile et épouvantable et ce soir je suis dans un musée avec des masques et des matériaux et tout est éprouvantable et je porte le masque du matériau je veux être forte comme la fonte et forte comme l'épouvantable je veux porter l'épouvante du matériau d'ailleurs je n'écoute plus que MATERIAL.

le PINPIN de Edith AZAM

PINPIN, PINPIN L’EST TROP FORT  Pour CHARLES PENNEQUIN

A lire par CHARLES PENNEQUIN

A applaudir CHARLES PENNEQUIN

A suivre CHARLES PENNEQUIN

A vivre CHARLES PENNEQUIN

A écouter CHARLES PENNEQUIN

A Pinpin CHARLES PENNEQUIN

Edith AZAM

Pinpin souvent il est trop fort, il est fort mon Pinpin, trop trop fort, c’est tellement fort que moi pour faire du très fort va faire comme lui, va faire comme tous les Pinpin du monde qu’on dit qu’ils sont Pinpin cause que ouaip c’est ça, c’est bien ça qu’on les traite, on les traite de Pinpin en faisant du moquage. Ah Ah Ah qu’il est Pinpin cuilà, Ah Ah Ah Ah Ah Ah. Alors sûr, tu l’vois au début Pinpin, tu l’vois comme ça, il est planté gros bécassou comme une grenouille, sauf que la grenouille elle, c’est pas vraiment debout qu’elle est, c’est plutôt à cacassouné sur la pierre blanche de la rivière à s’faire barbecuter les cuisses tout doré et à gober des mouches. Ouaip, c’est un peu comme Pinpin, tu l’vois là, debout d’vant tout l’monde comme pour gober les mouches, ouaip au début tu crois qu’il va les gober toutes les mouches de la pièce et tu rigoles déjà, tu te dis Ah Ah Ah l’Pinpin l’attend les mouches et les mouches y en a pas Ah Ah Ah qu’il est Pinpin çuilà ! Puis tu dis même après, et là AH AH AH AH AH AH, qu’il a déjà gober les grenouilles, vrai tu crois qu’il les à gober les grenouilles cause qu’il a les yeux tout globules avec le doré des cuisses-barbecue dedans, et là t’exploses de rire AAAAAHHHH et puis t’en peux plus d’rire alors tu dis très fort dans toi EH l’Pinpin y va gober des mouches qu’elles existent même pas, c’est rigolo hein, c’est rigolo la moquature ! AH AH AH que tu fais toi.

Et là, ben là t’as tout faux gros malin, t’as tout complètement faux parce que Pinpin quand il va s’Pinpiner total’ment c’est toi qui tout doucement tu vas t’moquer de toi, tu vas t’moquer de toi j’te préviens, puis tu vas t’sentir concerner, puis tu t’sentir tout couillon, puis tu vas avoir des boutons, puis tu vas t’sentir fragile, puis tu vas te sentir moins fort, puis tu vas renifler un peu, tu sais tu vas faire sneuf-sneuf avec le nez en trompette, et tu vas dire :’’ Ca pue un peu la merde.’’ Et oui t’auras raison, ça puera un peu la merde et tu vas dire Ben c’est l’Pinpin. Mais non ça pourra pas l’être cause que Pinpin il s’ra trop loin. Et dans ta tête tu t’entendras dire que non ça peut pas être Pinpin parce que Pinpin il est trop loin. Alors t’essaieras d’plus penser mais tu pourras pas le faire, au mieux tu pourras penser à n’plus l’faire mais ça ça n’arrangera rien, cause que Pinpin il s’ra lancer, il s’ra lancer dans son univers qui va débobiner le tien. Et même si tu veux pas le faire, la trompette de ton nez elle refera sneuf-sneuf, et les machins de l’olfaction y ziront droit dans ton cerveau, ziront tout droit dans la case à merde et ça fera la conséquence consécutive de consécution que tu sera obligé d’te dire que oui oui oui ça pue carrément la merde, alors tu regarderas le voisin. Et l’visage du voisin aussi, il te regardera et tu l’verras lui te sneuffer, et toi, toi aussi tu l’sneuffera et vous vous f’rez un regard pas BÔ, ben oui tu vas pas lui fiche un joli regard toi, parce que faut bien qu’y pue l’voisin vue que c’est pas la voisine. Mais la voisine tu pouvais quand même pas la faire puer, vue qu’c’est ta femme puis qu’ça s’fait pas de faire puer sa femme : Tu t’voyais quand même pas dire sneuf-sneuf ma femme sneuf-sneuf-sneuf-sneuf tu pue ! Alors faut bien qu’ce soit l’voisin. Et là ou qu’ce s’ra vraiment la paniK, c’est quand ton voisin ce s’ra ton filston et que ton voisine ce s’ra ta fistille. Parce que là aussi gros couillon, que l’odeur de merde elle s’ra la même, et là faudra quand même que tu te découillonise un peu puis que tu penses à te sneuffer toi même. Et tu l’feras d’abord du bout de la narine, alors ça te f’ra faire un tit peu la grimace mais et pour la contenance, toi, toi tu t’diras, hummm c’est sûrement la lessive. Ouaip mais dans ta cervelle quand même c’est pas la case lessive qui clignotera tout rouge, non non non ce s’ra toujours le tiroir merde. Alors tu te resneuff-sneuffera, un peu moins fier d’accord mais aussi moins couillon. Sauf que ça, ça tu t’en rendras pas compte de suite que t’es moins gros couillon parce que d’abord, mais j’tavais prévenu, dabord ça va te mettre en rage de te dire tiens, je  pue la merde. Ouaip ça te fouttra en rage terrible de penser q’ toi aussi t’as quelques part des casseroles pleines de gros... K….K.

Et le Pinpin en face de toi, Pinpin continueras son délire le balanc’ra toujours comme une flèche, et toi ben tu t’inclineras parce qu’à la fin ce sera drôle, cause que Pinpin aussi, Pinpin une fois qu’il a mis toutes les merdes à plat, l’arrive à montrer qu’c’est pas très très grave d’être un peu merdifier et puis qu’en fin de compte, on a tous un tiroir à caca. Pinpin il te dira que l’important c’est autre chose, que la vie c’est pas ça qu’on croit. Parce que l’est trop fort mon Pinpin, l’est trop trop fort Pinpin et l’est rempli d’amour. Alors Pinpin aussi une fois qu’elle sont à plat les merdes ben y fait comprendre c’est pas grave, non non non c’est pas grave d’avoir les caca-sseroles-tiroirs, puis qu’en plus y a pas qu’toi qui les a, ouaip y a aussi voisin, et puis aussi voisine, et fiston et fistille. Et mon Pinpin comme c’est l’plus fort y dira aussi qu’y a pas honte, non non non que y a pas avoir honte, et là, là tu respireras un mieux et faire sneuf-sneuf ça te f’ra rire. Trop fort ensuite, toujours plus fort, Pinpin il te parlera vraiment d’lui, tu l’verras tout d’vant toi avec son grand corps tendu qui peut pas mentir, tu l’verras te donner vraiment des morceaux de lui, des morceaux lui dire toutes sa merde et puis tout les bouts d’son cœur pas remplis, tous les amours qu’il a pas faits, tous les bisous qu’il a éteints, les trucs qu’il a pas osés faire, la fille comme elle était bécasse mais qu’elle avait une si belle bouche, le copain mort dans l’ambulance, et comment les poils au zizi. Ouaip, pourra tout te dire Pinpin, Pinpin l’a pas peur de sa vie, mon Pinpin il a qu’il est humble et puis qu’il sait qu’aussi tout l’monde pisse dans son froc, qu’on a tous peur de quelque chose. Mais tout ça, tout dire comme ça devant tout l’monde avec ses grands yeux tout globules à gober les grenouilles, Pinpin au bout d’un moment tu penseras aussi que sa vie elle t’ressemble sauf que toi, toi tu sais pas faire pour donner toute cette vie aussi grosse que l’amour. Et tu t’diras que toi, toi aussi tu les as tous ces tiroirs-faiblesse, tu sauras bien alors, que oui oui oui tu les as mais que le plus souvent tu fous la clefs dessus parce que ça te trouillote, ça te trouillote plus que tout de dire moi aussi suis qu’un homme et je veux qu’on m’tendresse. Mais bon déjà là, là ce s’ra plus trop trop grave, parce que tu t’sentiras le Pinpin toi aussi, tu t’diras qu’c’est vrai, l’a vraiment les dorés d’la grenouille le Pinpin. Oui oui oui tu t’diras qu’il a tous les dorés du monde avec tous les soleils puis la chaleur et tout et tout. Tu t’diras ouaip Pinpin l’est très très fort et puis c’est sûr que c’qu’il fait là ben l’a raison d’le faire, et puis c’est sûr que pour faire ça l’est sacrément plus courage que moi. Ouaip, faut que j’l’applaudisse Pinpin, parce que c’est sacrément bon de savoir qu’on pue tous la merde, parce que ce qu’il dit là, moi, moi j’oserai pas cause que j’ai peur, j’ai trop trop peur du grand Pinpin que j’pourrais être puis de la Pinpine dans ma femme, des Pinpins qui n’habitent mes nenfants, parce que ça fait tout peur ces choses dans l’intense…. L’amour ça fait tout peur. Avec Pinpin, avec Pinpin on en rigole. Voilà ce qui s’passera. Puis même à la fin tu t’diras que l’Pinpin il a raison de s’dire, de se dire tout entier, entièrement, avec tout lui. Puis tu pens’ras aussi, que c’est du plus que BÔ l’intensité qu’il a, alors t’iras lui prendre la paluche à Pinpin, tu lui diras Merci c’était chouette c’était bien et Pinpin y t’regardera avec sa bonne tête de Pinpin grenouillée, et toi tu t’diras que c’serait bien d’assumer un peu mieux ta Pinpinature. Alors tu f’ras ton premier sourire à la Pinpin et ça te f’ras un bien fou. Puis comme tu voudras dire quelque chose d’autre à Pinpin cause que tu trouveras un peu que tu lui r’ssembles, tu feras style une phrase, une phrase que c’est Pinpin qui l’aura dite répétée remâchée et balancée devant tout l’monde jusqu’à c’qu’elle s’incruste dans toutes les tête, tu répèteras une phrase euh le genre ‘’C’est rigolot la vie, c’est rigolot’’ en essayant d’imiter sa voix et lui, il te sneuff-sneuff’ra en faisant un bon grand sourire avec toutes ses joues de grenouilles et toutes ses cuisses dorées d’soleil qu’il a dans ses yeux Globul’ment bleus. Puis aussi tu lui diras encore cause que t’auras encore envie d’être près d’lui comme si y avait l’urgence qu’il dise tout à ta place cause que toi tu l’auras tout pigé alors son courage à Pinpin, et oui oui oui, tu voudra ses yeux qu’il t’y plante tous ses soleils dans toi, ouaip j’te l’dis d’avance, faudra pas pas qu’tu t’étonnes que mon Pinpin après, ben tu puisses plus l’lacher, que t’ai envie toujours, toujours de lui parler. Alors, alors pour finir, un peu maladroit de ses maladresses qu’on a quand le ventre il fait la tiraille à cause de les zémotions violentes, tu lui diras tout maladroit : ‘’Mercimerci c’était euh… c’était très…euh… très drôôôôôle.’’ Et là, y aura KèKchose qui s’passera, mais j’sais pas comment qu’elle s’appelle cet’ KèKchose, en tout cas ce qu’est sûr de sûr c’est qu’là tu s’ras dégrocouillonné total et tu t’diras aussi dans ta tête que ‘’drôle’’ c’est pas vraiment l’bon mot.

    Là tu commence à réfléchir grave.

CHARLES DREYFUS

je d?mens ma foliefficeffice" />

ANTOINE BOUTE


j'ai niqu? la tondeuse ? gazon fficeffice" />


 


je fucke tous les trous dans les murs les orifices quelconques que j'ai ? ma disposition en t'attendant d'excitation tu vois le monde est un erzatz de toi pour la punaise que je suis cerveau-bite-?-punaise c'est malin non c'est pas malin alea jacta ?a veut dire le sort est jet? jacta jet? je te fais un dessin c?sar franchit le rubicon petit fleuve et dit jacta hop ?jaculation du sort haha sort tu vois sort sortir ?jaculer quoi donc l'?jaculation du sort qui lui m?me sort comme ?jacul? donc c'est franchement une mise en boucle l? c?sar sur son cheval qui dit al?a jacta sautant au dessus d'un petit ruisseau (blanc!!) le monde est sexuel jte jure c'est dingue et le rubicon hein je te pose la question rubi-con watcha t'as des rubis dans ton con toi et je vais ?jaculer si je franchis ton rubicon ou alors je te jette un sort enfin bref la philo c'est pas tout ?a apr?s faut g?rer les after-perforances ding dong bonjour entrez vous ?tes attendu Mlle L. vous attend chambre 2 ? poil triangle t?te sous la couette merci pas de mauvaise haleine alea jacta sur l'oreiller alea jacta contre les murs la terasse le verre d'eau les murs ici pleins de alea jacta"

GEORGES HASSOMERIS

DES MINETTES PAS DES MINES !fficeffice" />


 


DES PIPES PAS DES PIPE/LINES !


 


A&dman, po?te surr?volt?


(... & fondateur en chef du surr?volt?alisme !)


 


en fait, mondramemacroixmadouleur, h?las,


c'&st que je dois bien &tre le dernier des Mohicans, h?las,


? pouvoir m'exprimer couramment en grec & en latin, h?las,


SANS FAIRE DE FAUTES D'ORTHOGRAPHE EN PARLANT, h?las,


comme la plupart de mes contemporains, h?las,


(le pillouer, &tc.)

la pensée


NATHALIE QUINTANE - POUR JAVA 20 "PARADE"

nathalie quintane from guy niole on Vimeo.

BERNARD HEIDSIECK - VADUZ - LECTURE DATANT DE 1996 - RENNES

vaduz from guy niole on Vimeo.

SYLVAIN COURTOUX JEROME BERTIN PERFORMANCE

chaos - jerome bertin & sylvain courtoux from guy niole on Vimeo.

CHRISTOPHE TARKOS - VIDEO IMPRO POUR JAVA

christophe tarkos from guy niole on Vimeo.

JEROME BERTIN - LE PATIENT (extrait)

La salle de dessin est immense. Des oeuvres de malades, dont certaines rappelle au patient la foudre d'Adolf Wolfli, fleurissent sur les murs omos. Les fous dessinent comme des enfants, de grands enfants en colère. Les fous sont de grands enfants en colère. Privés de beauté, de douceur, d'amour, ils utilisent le rouge et le noir comme des armes de destruction massive. Des âmes de destructions massives, voilà ce qui a guidé ces mains, songe le patient. Enfants pendus à la lune, colombes éventrées et soleils noirs, cotoient des reproductions de fleurs, de visages, précises jusqu'à l'ennui, effrayantes, cliniques. Pourtant l'infirmière chargé du groupe dessin, une vieille blondasse enroulé dans des froufrous, a décidé de changer la donne, en demandant au fou de jouer aux moutons impressionistes. Pour se faire, elle propose des thèmes plus débiles les uns que les autres. Aujourd'hui c'est l'automne, il faut découper des fruits de saison et les coller sur une boite! Satan du système! Elle veut faire des feux grégeois des creux de la loi! Elle veut changer les enfants malades en bon petit soldat du bon goût bourgeois. Salope! Infirmière! Tu pourriras en enfer! Tous ces esprits doivent être recentré pense l'infirmière. Recentré pourquoi? Pour mieux tomber dans les chiottes de la bonne société libérale? Connasse! Pour mieux rentrer dans ton vieux cul frippé? Donc les malades se mettent à découper des pommes et des poires avec des airs de chiens battus. En fond, l'infirmière a mis un brin de musique douce pour apaiser un peu les colères magiques, ainsi Purcell collabore à la Shoa pernitieuse des pultions du voir clair, contribue au massacre des consciences de l'au delà. Le patient découpe deux pommes et trois poires. Puis il se lève, se saisit d'un boite de crayon de couleurs, et il dessine en quelques minutes un paysage de mort totalement assymétrique et malade brulé par un gigantesque soleil rouge. L'infirmière tire la gueule. Ca ne rentre pas dans le cercle rose bonbon du thème de merde. Le patient est satisfait. Fier de luire. Fier de luire dans la grande nuit du thème de l'automne de la pensée.

 

 

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LA FIN DES POUX (extrait) PARUTION DEC 2010 CHEZ L'ANE QUI BUTINE

j'étais sûr d'avoir un boulot à vie / puis je fais une crise de paternité / je quitte mon boulot mon enfant / je pars avec une autre fille / j'ai pas d'amour pour cette fille-là / mais je voulais essayer / de pas affronter la réalité / faire une croix / sur mon passé je tombe / sur une junkie et l'autre / qui me hante me retrouve à la rue / avec des antécédents judiciaires mon père / grand joueur de foot parti à thonon / s'occuper de l'équipe les repaires / sont partis les soucis avec la drogue l'alcool / j’arrête l'école on vend du shit on plante / des gens on devient haineux la prison / soit on y va une fois on est trauma soit / t’y retourne te faire laver les cheveux / au javel frotter au balais les coups dans la tête / subutex dans le bras un cocellulaire / lames de rasoir dans le bide coupage d'oreille / mineur ils m'ont mis en majeur / suis trop speed le mec / se fait arraché les yeux au crayon / pour une cigarette le mec / il doit être en manque de clope / il lui demande t’as pas une tige non / il prend un crayon il lui ressort les yeux / beaucoup de schizos dedans je tombe / sur un psychopathe il attend son jugement / il travaille pour un barman à qui / on doit de l'argent il va voir le mec / il le découpe en morceau / et le fout dans une poubelle / mais à toi je te ferai rien / car tu es espagnol on sait jamais / ce qui peut arriver avec l'alcool cette fille / là m'a remis elle m'avait mis / du subutext et des steribox / c'est des seringues elle m'a mis ça / dans mon manteau j'étais bourré / défoncé ils me disent ça y est / il est reparti je me suis fait choper / avec ça écoutez c'est récidive / j'ai prouvé par A à Z / que j'avais pas touché / j'ai repris contact elle m'a pardonné / la mère de mon enfant c'est elle / qui m'a sauvé sorti de prison à 18 ans / t'y retourne plus sinon si je la perds / c'est fini tu m'as aidé à me construire et moi / je détruits tout ma mère bipolaire ma mère / quand tout est beau tout est beau / quand tout va mal tout est mal / et là elle fait des crises elle insulte / j'ai sauvé ma mère plus d'une fois / j'ai eu le temps de la rattraper / par les chevilles pendue je la décroche / c'est l'enfer moi j'irai en prison la prison / c’est pas ce que croit même les plus gros lascars / ils chialent au fond de leur lit / ils ont tout perdu un copain faisait proxo / il habitait paris plein de frère en taule à dix-huit / il roule en jaguar il vend des putes et la drogue / il a de l'argent à gogo il prend huit ans / avec remise de peine il fait pratiquement / toutes les prisons fleury fresnes argentan / il a une femme pas d'enfants et ils étaient amoureux / et quand il sort les voitures ont changées / les rues plus d'épiceries sorti / avec les sacs de carrefour / on sait pas où faut aller les amis / partis les copains / en prison tombé nez à nez avec la femme / qu'il aimait retrouvée enceinte / d'un autre maintenant il a trente balais / il a tout perdu tu sors / de la prison avec tes deux sacs carrefour / pas de primes pas de réinsertion juste / un rendez-vous chez le spip


on vit comme enfermé dans le monde humain

c'est ça la grosse tuile du siècle

c'est de se sentir oppressé

par ce sentiment d'être enfermé

et l'enfermement à tout l'air

d'être plein d'espace

plein de possibilités

plein de chances et plein d'air

et pourtant c'est un enfermement

un triste enfer

 

il n'y a rien d'autre qui peut exister

rien qui transpire

rien qui pousse

rien qui s'agitera hors du monde humain

pourtant le monde humain est un petit peuple

il y en a d'autres

 

vous pensez que j'exagère

vous êtes persuadé qu'il s'agit d'une blague

que cet étouffement nous ment

alors que j'étouffe vraiment pour ma part

regardez mes phrases

tout est fait pour m'empêcher de dire la vérité

une seule vérité

à la rigueur la première phrase

a échappé au massacre

toutes les phrases se retournent contre moi

on ne peut pas critiquer le monde humain impunément

le monde humain est toujours là et plus que jamais

plus que jamais le monde humain nous harcèlera

plus que jamais il continuera jusqu'à

ce que nous lui cédions encore et encore

jusqu'à ignorer l'idée même d'étouffement

jusqu'à étouffer mais en accusant tout sauf ça

la terre entière nous accuserons

le monde totalement

mais pas nous

pas les humains qui le peuplent

le petit peuple humain

voilà comment nous devons l'appeler

le petit monde de petit peuple

et qui n'a rien pour se chauffer

il n'a juste que son petit peuple

vive les petits peuples cependant

et vivent les penseurs

les penseurs qui pensent petit-peuple

car certains penseurs sont parfois

des petits peuples à eux tout seuls


la cité du h100 c'était la cité / par excellence les gens habitaient la peur / savaté par des mecs le mec / super survet se fait chourrer son lacoste le mec / qui livre la pizza se fait piquer sa pizza / et son scooter pour la fin de l'année / ils ont déclaré / pour la fin de l’année le H100 / sera écroué ils ont réussi ils ont bouché les caves les toits / une femme qui avait reçu deux cents mille euros d'héritage le soucis / en cité c’est qu’on a besoin de sous / tous les jours on lui demande du fric deux mille / trois mille j'ai mon scooter qui est cassé / je te rembourserai elle donne toujours de bon cœur on lui demandait / trois cents euros on insiste / cinq cents euros elle : reviens / le mois prochain il te faut combien mille euros en 3 mois / on lui a mangé quinze mille la police / peut rien dire elle dit oui / on l'oblige pas avec un couteau / sous la gorge mais pourquoi tu t'en vas pas si t'en a / marre de nous donner de l'argent tu pleures / parce que tu dis que tu manges que des crêpes au jambon / on revient pour trois mille acheter deux joints à son fils / il payait et à la fin je n'achète plus votre merde / plus votre shit et je vous donne trois mille pour me foutre la paix / le H100 c’est le bâtiment / qui porte la poisse / tellement d'affaires tout le monde en prison / d'ici deux ans le barbecue dans la cité / le feu les gens par la fenêtre les gens / qui nous insulte bande de racaille / ils nous voient rouler un joint et ils ouvrent leur bouche / alors qu'ils devraient se taire on a des flingues / dans le pantalon du shit dans le sang pourquoi / tu cherches la petite bête putain y a des gamins / ils fument du shit dans le hall y en a un / qui a fait des croix gammées dans la cité le type / il se prendra des coup de couteau de boucher / c'est des mecs ils ont flingué / leur vie ils dorment dans le hall / et la personne est descendue et ça a pas loupé / un poing américain dans la gueule / et il est descendu du hall mon pote / black l'a plaqué contre les boîtes / aux lettres des coups de couteau de boucher / dans le bide la personne s'en est sorti il a maigri / tu reviens t'as pris des coups de couteau / et pis tu reviens il est agent de sécurité maintenant / la moindre chose il appelle les flics / il veut me savater à la mag light / le type est venu prendre du shit il me cogne dans le hall / je me regarde dans la glace ils m'ont vu me faire / savater on voit un pote qui est dans la merde / on se fait aider on est violent mais on est solidaire un kebab on se le partage / pour dix un paquet de clope c'est un paquet de clope / pour dix pour tout on se fait taper c'est pour dix l'autre / il arrive il le voit fumer son shit le cogne / nous on monte en speed l'agent t'en a pas marre arcade sourcilière / cassée et tout on connaît tout / le monde on va chez tout / le monde même les grand mère nous passe les télés / on joue à la play / même chez le portugais un type nous prend en photo d’en bas on est allé le voir / pourquoi tu nous prends en photo y a d'autre paysage que une bande de jeunes / si tu effaces pas il efface / ses photos devant nous on laisse passer / t'as de la chance parce que des indics comme toi / quand quelqu'un appelle les flics on sait qui c'est / et ça part en live même une grand mère elle me dit / j'en ai marre on fume des joint vous savez qu'on a des soucis / on va la trouver on fait des soirées on met de la musique les filles là-bas / c'est plan cul à tout le monde le hall quatre on sort de prison dominica / il lui dit j'ai mon cousin qui sort de prison est-ce qu'il pourra / venir te niquer d’accord elle lave / sa fille pendant qu'elle se fait tourner par trois mecs mon cousin / ça l’énervait la petite / qui buvait de la vodka la petite / elle a rien à manger on va chercher les couches / on fait les papa je sais pas / comment m’exprimer autrement suffit que je me prenne la tête / avec ma mère et un type me chauffe / je lui donne des coups dominica est avec un mec / qui a un bracelet électrique / y a une rumeur je lui en ai pas parlé / je me suis tu je la connais bien / par respect je lui ai pas dit au copain / de la cité c’est une grosse balance et il se chiait dessus chez les flics / il est libéré et il dit non / j't'ai pas balancé a un pote rebeu / il en est sûr du coup il a pris / sa fête en prison

c’est la fin de tout

c’est la bande des poux

ça va finir

les vivants

ça nous passera

la bande passante du vivant

on a fini par l’avoir

on en raconte des bouts

les bouts de la vie des poux

et la vie nous passe

on recueille un peu de matériel

on le montre

on le fait écouter au monde devant nous

on est devant nous

mais vous aussi

vous êtes devant vous

vous vous cherchez des poux

c'est pas tous les jours

la plupart du temps

on se cherche pas des poux

la plupart du temps

on est spectateur de tout

sauf de soi-même

alors qu'ici ça cause

ici ça va parler

ça parlera pas dans le vide

ça parlera du pays, comme on dit

mais on n’est jamais d’aucun pays

on est à peine de soi

revenu de rien

on cause de tout

ça cause dans l'autre et l'autre

il cause dans nous

et que tout le monde cause à soi

et puis on verra bien

vivra bien qui parlera le dernier

que les bouches s'ouvrent

et que tout ça se répète

jusqu’au déluge

jusqu’à ce qu’on nous referme le bec

mais il faudra répéter ça

même le déluge

la répétition

c'est ça qui fait la vie

tous humains sont vivants

du moment qu'ils sont dits

et tous les humains s'improvisent vivants

puisqu'ils sont répétés

tous les humains

sont des répétés

car l'improvisation

on sait bien que ça ne s'improvise pas

et tous les chercheurs de poux sont en vie

du moment qu’on les parle

du moment que ça traverse

et que ça fasse retour

un bon retour de bande

avant la fin promise des poux

 

CHARLES PENNEQUIN