Crever vivant
Voilà,
Je va crever
comment je va vivre avec ça,
c'est assuré,
vivre c'est crevant,
vivre c'est crever devant,
c'est devant moi ce ça,
ce ça de vivre là,
se vivre en soi,
se crever dans le temps du vivant ça en soi,
c'est trop vivant en moi,
c'est du trop de vivant de vivre en ça,
qui fait crever à petit pas,
c'est du trop de vivre en avant de crever là,
c'est ce qu'on remet toujours à demain,
mais on crève tout le temps d'un rien,
c'est pas demain,
c'est maintenant à l'instant du vivre,
à l'instant même où l'on a pas fini de vivre,
où vivant on vit l'instant de crever,
ou crever vivant c'est ça vivre en crevant,
on peut pas dire j'ai crevé,
parce que j'ai crevé c'est le mensonge en pire,
on ment tout le temps du vivre,
c'est pour ça qu'on est vivant.
MA VIE DE NUL
Je suis nul. J’ai le cerveau blet. C’est rassurant : je serai bientôt pourri. Et le pourrissement ça grouille, il y a de l’action. Quand les autorités comptent sur « le pourrissement du conflit » pour le résoudre, je suis un court instant dans la joie. Je me dis que ça va s’étendre, que la grève va proliférer, qu’après l’unité des agents isolés vont se mettre en action, et que ça va mordre et gagner bien au-delà de l’unité. Mais l’instant de joie est court ; c’est que le pourrissement évoqué n’est qu’un étouffement, une mort lente, un résultat nul.
J’y reviens. C’est plus nul que moi – le nul est plus fort que moi. Nul c’est nu avec une aile en trop. Nul c’est con comme la lune à l’envers. J’essaie de me rassurer parfois. Je me dis : oh ! c’est pas grave de se trouver nul, c’est rien. Ça me fait replonger bien sûr. Même si nul c’est moins que rien. Rien c’est plus proche du désert et du pourrissement que nul ne l’est. Et il y a quelque chose à tirer du désert et du pourri. Tout vient de là même.
Pfff. Finalement, ma seule valeur, le seul moment où je prends un peu de caractère, c’est devant les gens : nulles gens. On me remarque, je deviens singulier. Sinon, mes compétences se réduisent à zéro, mon talent a le profil de la tête à Toto. Et encore ! La seule fois où comme Toto j’ai chié derrière l’église je n’ai même pas eu la joie de lorgner, ensuite, sur ma production. Non que j’en aie été empêché par un quelconque événement – l’arrivée du curé, d’un passant, ou la sensation soudaine de la truffe fraîche d’un chien sur mon anus brûlant – rien de ça. C’est juste que ma crotte avait disparu – et je dis ça parce que je suis sûr de l’avoir produite. C’est très frustrant. Comme un vol. Ma crotte était partie en fumée. J’ai fouillé les broussailles – peut-être qu’un trou m’avait échappé. Non ! Il n’y avait que le mien, ouvert et refermé sur rien. Et malgré cette absence, je me souviens, je m’étais dit : tu n’es qu’une merde.
J’en étais là. Je n’étais rien avec pas grand’chose comme patrimoine. Alors je me suis dit pourquoi ne pas en finir complètement. M’annuler. Mais qu’annuler face à un cas nullard ? J’étais mystifié, frappé de nullité sans même être entaché d’un vice.
Je n’existe pas sur ma vie plate. Dit autrement : je voyage sur de vains degrés de longitude. Navire sans quille qui traîne son boulet.
En jeux de mots je suis zéro. Tout môme, en camps de vacances, une veillée au feu de bois. On doit dire des trucs drôles. Arrive mon tour et de derrière les flammes léchant les rondins (ça c’est bon, ça, très bon) je dis que je passe un bon séjour dans ce camps de vacances, et dans mon langage fleuri j’ajoute que c’est un camps-pas-nul. Silence. Même le feu s’est éteint. Le comique suivant, malgré la nuit noire soudaine, y est quand même allé de sa blague. Profitant de mon échec botanique, il a proclamé que j’étais un âne doublé d’une tête de nul. Tout le monde a ri, et le moniteur a rallumé le feu.
J’ai déprimé – ça ne me vaut rien d’être nul. Et la dépression a duré toute mon adolescence. A la fin de cette période on m’a même rebaptisé. Ça s’est passé après la sortie du film Le Silence des agneaux avec Hannibal le Cannibale. Dès le lendemain, les lycéens m’ont surnommé Hannibal le Quasi-nul.
A cette époque, en cours de maths, le prof m’appelait Zéro. Le prof de français Page Blanche et en géographie Niveau de la Mer. En mécanique, l’enseignant me prenait en exemple pour expliquer le point mort. En musique mon nom était Soupir. Bon, ça suffit. Encore une chose : en haltérophilie, je ne soulevais même pas l’enthousiasme.
Ensuite j’ai commencé à rencontrer des filles, et bien entendu ça a été pire que tout. On a l’air con à tenir la main, ou le bras, d’un être transparent. Frappé d’inexistence j’ai voulu me faire entendre auprès des filles. Je me disais qu’il fallait leur parler de choses de filles, de choses qui leur parlaient avant même que je m’exprime. Mais je me noyais dans des trucs sexuels impossibles, confondant trompes de Fallope avec pompes de salopes (une claque), l’éloge de la passion et les loches de la passion (une claque), je me fourvoyais entre le banal et l’anal (un soufflet). J’étais tellement nul – un vrai nain – en langue fourrée, qu’on me surnommait Cunni-nimbus. Je me souviens d’un certain Freddy, un baiseur de première, les filles comparaient ses prouesses à mes insuccès ; avec lui c’était de la balle. Avec moi c’était de Laval.
Même si mon témoignage est au passé rien ne s’est arrangé aujourd’hui. Je suis à la poésie et à la littérature ce que la banane est au touriste en sandales-chaussettes. Un écrivain un peu short.
A propos de Charles Pennequin
Sa poésie sort par sa parole, sa parole est dans la poésie, elle ne fait pas poésie, elle ne dit pas la poésie, elle est dans la poésie et sort de la poésie par sa parole, ce n'est pas un flux tendu, c'est une parole qui revient qui ne cesse de revenir à l'infini, sa poésie est le lieu même du fini qui n'en finit pas de finir, elle est l'expansion à l'intérieur de sa propre finitude, et n'en finit pas de s'expanser ou de s'ex-penser, c'est une poésie pensée du dedans qui s'ouvre au dehors par et dans la parole, par l'interstice qui peut être la bouche mais aussi le corps, un corps entre-fendu par où passe et repasse la parole, la parole qui est l'ouverture par où la poésie s'ex-porte, se présente, elle est le présent du moment où elle se donne, elle ne donne pas à entendre, elle se donne, parce qu'elle est à cet instant hors de lui, elle n'est plus le poète disant, elle est le dit qui s'ouvre et en s'ouvrant ce dit, se donne à l'autre, elle est désir de la parole concédée à l'autre.
Alors voilà la ville a été détruite et la ville a été reconstruite et donc là ce sont des petits bouts de villes parce qu'elle a été construite puis après reconstruite et ce sont des petits bouts d'essai que je dis que ce sont des bouts de la ville voilà on imagine qu'on voit pas la ville entière hein ce n'est pas un plan de ville c'est qu'on est dans la ville et on marche dedans on marche sur un truc dans la ville on badine on flane on fait nos courses et paf ça fait crac et voilà c'est ça qu'on lit. Et en même temps on vit dedans on est entier dedans on voit pas tout on voit pas tout ensemble on voit qu'un bout et ependant qu'on boit un coup à la terrasse d'un café au soleil alors la ville elle se construit et déconstruit. C'est ça l'histoire.
Bin bonne lecture
Fabien
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Là-dessus il y a un grand mec maigre avec une coupe de cheveux raz du front qui arrive dans la ville. Il a fait un chemin très pénible. Il est très connu. Tout le monde le connaît. Il est dans le showbiz. Il dit qu’il a raison et qu’il va mettre tout le monde d’accord dans le bled. Qu’il sait ce qu’il fait. Ce qu’il fait c‘est qu’il prend une pierre il la met dans sa poche et il file tout droit. Il vole une Renault Mégane grise.
Là-dessus des chiens en dentelles se rassemblent autour de lui tournent autour de lui puis l’attaquent ensemble d’un coup. Ca fait beaucoup de bruit.
Des enfants dansent aussi en claquant des mains et en chantant pendant que le grand mec maigre du showbiz se fait bouffer par les chiens. Puis les mamans appellent leurs enfants par les fenêtres de leur cuisine parce qu’il est l’heure de déjeuner et qu’il faut se dépêcher ça va être froid. Les voix des mamans résonnent assez fort dans le quartier.
Les enfants rentrent fissa.
Ensuite dans un grand silence on voit que le grand mec maigre mort et dévoré se lève or comme il connaît bien la ville parce qu’il y est déjà venu il y a très longtemps c’est peut-être sa ville d’enfance il se lève pour se diriger directement au commissariat pour se plaindre. Ca lui ai déjà arrivé ces histoires il a même déjà fait de la prison dans une autre ville pour des motifs moins graves alors il est prudent il préfère porter plainte. Il est dans le showbiz alors il en a vu d'autres.
Quand il demande où est le commissariat on lui dit que c’est par là.
Sur le chemin du commissariat il vomit.
Au commissariat il dit : je sais que vous me connaissez je sais que je suis connu je sais que vous savez ce que je fais je sais que vous savez que ce que je fais c’est terrible. Oui oui lui répond l’agent de la police je vous connais c’est vrai je crois que c’était à la télévision c’est ça ? Sur ce un collègue de l’agent de police se joint à eux il est blond et il a les yeux bleus et lui il dit : oui oui vous êtes dans le showbiz c’était hier soir sur la deux et je trouve que vous chantez très mal je suis désolé mais c’est vrai qu’est ce que vous chantez mal dites donc et vous voulez quoi d’abord hein ?
Il dit : interdiction de faire jaillir le bonheur même en pinçant discrètement le sol.
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Puis les soldes.
Faire un ralenti sans faire gaffe sur qui fait les soldes et du coup choper tous les passants d’un coup dans le ralenti de sorte qu’ils ne savent pas eux-mêmes comment ils se trouvent pris dans ça.
Là ils y prennent un peu plaisir donc en même temps il y a beaucoup de monde il y a un bus quelconque qui arrive ou une bagnole quelconque il suffit seulement que ce soit mobile et plutôt rapide et qui prend tout le monde sans distinction de manière égale et ça fait comme un énorme animal qui ne sait pas trop quelle langue parler on en prends de plus en plus ils font comme s’ils ne savaient pas pourquoi ils sont là ils faisaient les soldes oui mais ils savent très bien pourquoi ils sont là alors au début on dit rien puis on fait semblant. C’est assez beau comme processus.
La dessus sur le semblant il y a dépôt d’une couche grise technologiquement très aboutie.
Le bus quelconque disparaît sous la couche grise technologiquement très aboutie.
Là-dessus découpage de la couche grise technologiquement très aboutie restante et redéploiement du résultat en 4 parties égales comme les parts d’un gâteau.
Chaque partie a des fonctions prédéfinies à l’avance par le projet mais avec une obligation soit de concertation soit de co-décision. On ne peut pas revenir sur sa décision. Médiation possible. Travail d’explication et de pédagogie évidemment mais on sait comment ça se passe ce n’est pas la panacée la pédagogie il suffit simplement d’un matin mal luné pour que le groupe se délite et que du conflit naisse.
A ce moment ce qu’on fait c’est qu’on mélange à nouveau les 4 parties égales on ne revient pas sur le ralenti il y a tout simplement reredéploiement du groupe en 4 parties égales après le mélange. Souvent ce qui fait rire les participants c’est qu’on se retrouve dans les mêmes parties qu’auparavant et que désormais ça se passe bien. Bien sur les soldes et le quotidien se poursuivent. On continue à emmener le enfants à l’école à partir en week-end à faire le ménage aller à la banque rencontrer des gens. Cela est envisageable de manière répétée il n'y a pas d'effet d'accumulation.
Là-dessus.
Le bilan.
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Là-dessus neige.
Et donc froid donc manque de nourriture de viande de desserts.
Les indiens se révoltent ou chassent.
Ainsi. Pas de loup approche naturelle et sauvage hop deux pas silence attaque un coup de masse sur le derrière du crâne des américains. Ils fléchissent à leur pied sans rien dire vaincus et ensanglantés.
Du sacré renaît par petites touches sur le sol glacé.
Vive la mort !
Du coup les américains fuient se rassemblent dans des grottes situées dans la périphérie ou en proche banlieue par groupe de 3 ou 4 maximum. Peut-être l’un d’eux à encore son cheval il le bouffe cru pour ne pas faire de feu de la fumée des signes du signalement de la signification. Deviennent très vite maigres. Viande crue ça ne les arrange pas. Ils réagissent mal. Du coup ils font des affaires avec leur corps qui n’assimilent pas la viande crue. Une sorte d’odeur. Sortent la nuit bien sûr pour remplir le frigo de légumes et de pousses sauvages. C’est dangereux.
La neige persiste.
Certains américains quittent leurs grottes pour se rendre. Deviennent de faibles esclaves. D’autres se replient plus loin. Certains atteignent Orléans et sont sauvés mais bon.
Puis un matin de mars disparition des indiens et donc les américains sortent de leur grotte et pas plus tard que revenus dans la ville ils développent un réseau efficace de garages automobiles multifonctionnels pour véhicules tout genre. C’est simple y’a pas une bagnole qui ne passe entre leur mains. Réparation, vente, tuning, assurance, location, etc… Ca cartonne dès qu'ils se font plus 1000 dollars ils se rachètent des chevaux. Au bout de 5 chevaux achetés ils abandonnent leur garage oui oui.
Là-dessus les indiens reviennent à nouveau c’est marrant ce va-et-vient des indiens mais ils restent en dehors de la ville ils tournent autour de la ville sur des grosses motos et couchent bruyamment avec des filles des fois ce sont des belles américaines. On les entends rire la nuit ça terrorise tout le monde.
Mort. Vie. Mort. Vie. Mort. Vie. Mort. Vit. Mord. Vie. Mort-vivant.
Geste sans événement. Naissance incessante en clignotant.
Talk. Silence. Talk. Silence. Talk. Silence. Zombie walk.
Processus défunt. Procès sus des fins. Proxys glauqʼ.
Mort animé. Contrôle sorcier. Emprise de lʼAutre. Le Nôtre.
Apparaît. Halluciné. Visionné, prise en condition. Fiction.
Bruissant, grinçant, gémissant. Aphasique, apathique.
Spectre se nourrissant. Pourrissant. Dʼos en eaux. Dermique.
Peau qui vire à lʼâcre, râle, sacrale et virale. Khôrique.
Horde sans ordre. Mordre. Corde. Corps-port. Systémique.
Error. Terror. Horror. Hors… Bords. Sang. Sorts. Chiant.
Trésor. Essor. Ressort. Or… Pores. Sens. Forts. Chance.
Evénement du geste. Zeste de conscience. Qui reste.
Qui danse. Cadences. Cas. Pas. Danse. Dense. Pense.
Fente. Hommes. Fantômes. Femmes. Amantes. Survivantes.
Vampires. Vents pires. Goules qui coulent. Couilles qui souillent.
Habiter, habiter la bite, habiter le tas, habitat. Ta. Bi. Tait.
Infecter, incuber, inventer. Succomber. Succuber. Susciter.
Sucer, citer, situer. Tu es tuée, mutée, luttée. Pute ressuscitée.
Imager lʼoxy-mort. Activer la magie, core. Hardcore, mort écartée.
Floods. Mood. Flous. Mou. Fouille, mouille. Fuite, vite, hit !
Fous voyous, codes crades, bad mad, fuck suck, drunk punk !
Drink pink, bruits cris, kiss piss, cum com foufʼ feu yummy you & me !
Aurélien Marion
Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta peste. Moi vivant, je serai ta Moi vivant, je serai ta peste.
Chasse VIII
Une commande se livre à l'extérieur. J'aime ce côté livreur de pizza. Ça m'amuse. J'apprécie cette mise à l'épreuve, cela m'ôte le choix. Juste l'action. L'action, l'action, l'action. Mes amis dirigeants ne misent que par l'action. Ils ne parlent que de l'action, agir. Ils en parlent.
Le contrat est simple est flou. Je connais la fonction, une description sommaire, une localisation approximative du lieu de travail.
« le type il est assez maigre il a je crois des grosses moustaches, cheveux longs et bruns et il doit avoir un peu plus de 50 piges. »
Je ne veux rien savoir du mobile, du client, de la cible.
Sur place, je me perds. La ville n'existe pas. Ce n'est pas une ville, mais des maisons qui se chevauchent en bourgs qui se chevauchent en rien. Je tourne. Un épuisement nerveux est mauvais pour la concentration.
Plan acquis, le trajet s'éclaire peu à peu. Le lieu est repéré. Pourquoi revenir ?
Le couteau est peu sûr en ville, le pistolet trop hasardeux pour une commande. La cordelette entre deux voitures a son charme mais cela demande un certain temps de dégustation. Le plus simple reste le bon vieux fusil à lunette. La bêtise serait de se percher en immeuble. L'amateur désuet seul y pense. Le professionnel a, depuis longtemps, aménagé une plaque d'immatriculation montée sur charnières, dévoilant un trou pour le canon, une meurtrière horizontale pour la lunette. Ces grandes plaques d'immatriculation sont une des raisons principales qui amènent les personnes de mon statut social a acheter massivement des 4x4 ces dernières années. Tant qu'on peut écraser.
En position je repère une moustache. Je tire, il tombe.
Il saigne beaucoup, le crâne est bien arraché. Toutefois, je trouve qu'il a les cheveux bien courts.
Très courts.
Trop courts.
Je crois avoir agi avec un peu de précipitation. Ce doit être ce trajet à perte. Les badauds, s'approchent. Je quitte le véhicule et m'y rend également. La foule se presse, puis les secours inutiles. Je repère le type. Je me suis bien trompé. Rien de comparable. Il a l'air sympathique, très gentil. Je discute un peu avec lui. Je me débrouille pour obtenir le nom des deux moustachus. La cible semble bouleversée, c'est amusant. Il s'éloigne. Je le suis du regard puis du 4x4. Il titube un peu, s'arrête, repart. Il semble troublé. Il marche au milieu de la route. Je manque l'écraser. Il tourne dans une rue composée d'un espace entre un garage et un mur salopé.
Je ne manque pas de l'écraser cette fois-ci.
Je prends même le temps de faire ma manoeuvre sur son corps, au cas où, cela aurait pu s'avérer très utile.
L'avant du 4x4 dissimule mon geste, le voici dans de beaux draps, un beau sac poubelle, spécial gravats, les plus solides pour contenir le corps ET le leste.. Je quitte mes gants de caoutchouc talqués qui semblent être étudiés pour déclencher la sudation. L'étang tout proche sera parfait. Je lui laisse mon fusil. Les pistes se brouilleront d'elles-mêmes lorsqu'il refera surface. On croira à un travail d'amateurs respectifs. Pour bien fignoler l'imbroglio artificiel, sur le chemin du retour, je m'arrêterai buter la femme d'un des deux. Celle qui m'évitera un trop gros détour. Je ne regrette pas les 6€49 que m'ont coûté mon plan .
DANS LA SERIE DES LOTS DE PHRASES A DEUX BALLES POUR VOS SOIREES :"Art ou pas, un squatt est un squatt, une atteinte à la propriété privée"
SqUaTt / AnArChiE · SéXuALiTé · TrAvAiL SaLaRié · AntiMoNDiALiSaTiOn POURVU QUE TRAVAIL INDUSTRIE POLICE ET RELIGION NOUS PRETENT VIE CAR NOUS PORTONS ATTEINTE A LA PROPRIETE PRIVEE NOUS PORTONS ATTEINTE A LA PROSTITUTION NOUS PORTONS ATTEINTE A Art ou pas, un squatt est un squatt est un blog est un nul nullblog nul lieu d'existence mais aussi : TANT QU'IL Y AURA ASSEZ DE CORPS IL Y AURA A PORTER ATTEINTE ART OU PAS UN SQUATT EST UN SQUAT
SQUAT = VIE
PROPRIEETE
=EXISTENCEPRIVE DEFENSE D'ENTRER de "ENTERRER" DE S'ENTERRER CAR C'est pas une vie d'exister CHIEN MECHANT ON VA MORDRE ENTERRINONS L'enterrement dans la terre de soi de l'existence exister c'est être un autre qui se squatte.
Aujourd’hui la mort est dans l’air,
dans l’air, elle est dans l’air la mort.
Ouvrir les fenêtres c’est s’ouvrir les veines.
Certains regards sont des claques, certains
regards des claques à toute joie de vivre.
Pourtant la poussière pourtant ne craint plus
les coups ni les crachats, la poussière.
Elle plane dans le beau temps si généreux.
Elle plane tandis que le SoLeiL longe les rues
d’un pas songeur, le SoLeiL d’un pas longe
les rues songeur. Il est bourré, bourré, complètement
bourré. Il se vautre la gueule dans le caniveau.
C’est tout.
Jardi 23 décombre 1665
La vie de tous les jours n’a rien compris à la vie, rien compris,
elle n’a rien compris car elle n’a pas lu toutes les pages.
Nous manquons ici, c’est ainsi, nous manquons singulièrement
d’ a i r
de sorte que je vous demande solennellement
de cessser de déféquer sur mes vers idiots
et de garder le baquet pour vos eaux usées.
C’est tout.
Sarcredi 25 décombre 1436
Sœurs chiennes, frères chiens,
loriots, fourmis, baleines, macaques,
bêtes bêtes bêtes, venez à moi.
Nous sommes tous, nous tous sommes
habitants du séjour infini de la Terre.
Nous sommes frères, nous baignons
dans la même lumière, la même lumière,
nous baignons dans la même
lumière.
C’est tout.
Lardi 54 décombre 1935
Comptine
Le 3 pénètre le 0
et entre dans la ligne du 2.
Il pleut. Il pleut.
Le 4 fait un cercle autour du 5.
Il n’a pas peur d’ouvrir les yeux
et de couper le 6 en deux.
Il pleut. Il pleut.
Le 7 est un bol de riz qui a perdu
tous ses amis. Il traque le 8
et plonge dans le centre du 9.
Il pleut. Il pleut.
Mais dites-moi, dites-moi
s’il vous plaît, où est passé le 1.
C’est tout.
SaVoirViVre
(tout une histoire)
hier soir je me suis endormi sans mettre mon visage. ce matin
j’ai oublié ce matin de mourir puis d’un coup de marteau
j’ai butté Dieu. je l’ai butté Dieu et j’ai vissé mon œil au ciel.
le soleil jouait sur ma tempe comme un petit lapin. le vent tintait
dans mes narines. il tintait diling diling le vent dans mes narines.
j’ai libéré la force incluse dans les mots. j’ai donné souffle au sens.
mon auguste Pensée comme la girouette je l’ai tournée vers l’Est.
je me suis déguisé jusqu’aux poumons. aux poumons déguisé
jusqu’aux poumons et j’ai bercé mon ventre avec mon sang.
C’est tout.
Lourdi 63 jarvier 2022
le concept ce sont des mots, des mots et des idées, des mots qui viennent s'imbriquer, pour boucher le trou de la vie, car la vie n'est pas un concept, la vie est un insecte, la vie est inepte, elle se marie pas la vie aux concepts de "vie", qui la dévie vers le vivant, la globalise ou la mondialise comme la vie-viande et pas la vie-vive, pas le vie-vent, mais la vie-lente du concept qui pas à pas, oui du pas au pas, dit mot mais ne dit vie, sans voir inscrit la vie la visse à vide dans le paddock de ces mots mis, et la vie dedans inerte et blême, plus blette, belette ou quéquette, elle bande plus, elle bande moue la vie dans le concept, car c'est sec le concept, la conjonction des concepts, les concepts ont trop de lunettes pour la vie, microscope déambulatoire en ligne de bouche il la ferme la vie, la tue, la taisent, la fessent la vie, et la vie dedans elle a pu l'espace de se débattre, car la vie ça remue, ça bouge dedans la viande, mais il ne reste plus que la viande du concept quand le concept s'occupe de la vie, la vie dite vivante n'est plus que l'ombre qui hante la plante à défaut de vives, la vie dedans si elle peut pas gigoter, si c'est trop rêche elle a plus rien à faire, elle a plus qu'à mourir, peine perdue qui court n'atteint pas la limite, le concept c'est la braguette qui coupe la vie, la ceinture de châsteté qui cloue vivante la vie dans le cébum anti-douleur des mots ou dans le formol des phrases, la châtreuse à quéquette qui bande dans la vie, le concept c'est pas la vie, c'est la brique qui écrase la trique qui bande, car la vie, oui la vie, elle bande, ça se voit qu'elle bande la vie, et pas qu'un peu qu'elle bande, et même encore dans les plantes qu'il y a de la vie qui se débat pour sortir de taire, pour se dire sans concept, car la vie c'est pas qu'elle aime pas les mots, c'est qu'elle n'aime pas les concepts, elle est allergique aux concepts je vous dis, la vie elle paranoïe au seul son de l'approche des concepts, car elle sait que là il y a plus de vie, il y a seulement le cadavre mort de la vie, le concept c'est antiseptique à la vie, un antigène à la vie, le concept ça bande pas mou, ça bande pas du tout si on y prend pas grade, ça coupe l'élan, bien droit et bien réglé, il met trop d'ordre dans la vie, et la vie elle, elle supporte pas trop d'ordre, la vie elle a pas de place, car si tu coupes le bras la vie est encore là, si tu coupes la jambe, elle poursuit sans perte ni gain, si tu coupes la bite, la vie elle meurt, c'est comme le coeur, tu l'enlèves plus de vie, la vie elle a pas de place car elle n'est pas une chose, et donc elle n'est pas un objet, et donc elle ne tient pas en place dans le concept, le concept est trop rigide pour elle, la rend frigide, la frigère, et n'a de cesse de légiférer sur ce qu'elle pourrait faire
Ré(tré)cit 4. Un jour Achille Carafon se rendit chez le poissonnier pour acheter du poisson. Il acheta du cabillaud et un beau maquereau. Malheureusement il repartit en oubliant son paquet sur le comptoir à côté de la caisse. Lorsqu’il s’en aperçut, il était déjà loin de la poissonnerie et eut la flemme d’y retourner. Comme il passait devant une boucherie-charcuterie, il décida d’entrer et d’acheter une belle entrecôte et du saucisson. Malheureusement il repartit en oubliant son paquet sur le comptoir à côté de la caisse. Lorsqu’il s’en aperçut, il était déjà loin de la boucherie et eut la flemme d’y retourner. Comme il passait devant une boulangerie-patisserie, il décida d’entrer et d’acheter une fougasse et des petits gâteaux pour son dessert. Malheureusement il repartit en oubliant son paquet sur le comptoir à côté de la caisse. Lorsqu’il s’en aperçut, il était déjà loin de la boulangerie-patisserie et eut la flemme d’y retourner. Comme il passait devant un magasin de fruits et légumes, il décida d’entrer et d’acheter quelques tomates, un choux et une barquette de fraises. Malheureusement il repartit en oubliant son paquet sur le comptoir à côté de la caisse. Lorsqu’il s’en aperçut, il était déjà loin du magasin de fruits et légumes et eut la flemme d’y retourner. Comme il était près de chez lui, Achille Carafon décida de rentrer sans plus attendre. Ce jour-là, Achille Carafon ne mangea rien et resta planté devant sa télé. Et voilà.
Chanson nette
file nous d’la gnole
grosse tafiole
sinon on brûle ta bagnole
file nous du flouze
grosse tarlouze
sinon on rase ta pelouse
donne nous blé
gros pédé
sinon on nique ta télé
fourgue nous d’la came
grosse tatane
sinon on baise ta Madame
d’la tune
tête d’enclume
sinon on t’arrache les plumes
CHRISTOPHE MANON
Rétrécits
1. Une vieille s’assoit dans son fauteuil et allume la télé. Elle s’endort presque aussitôt et elle rêve. Elle rêve qu’elle est dans la télé et qu’elle parle aux autres vieilles qui sont assises dans leurs fauteuils et regardent la télé. La vieille se réveille. Elle est assise dans son fauteuil devant la télé. Elle s’aperçoit qu’il y a une vieille à la télé qui parle aux autres vieilles et elle se rendort rassurée.